Immigration : renforcer les coopérations internationales
En confiant à Brice Hortefeux le Ministère de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement, Nicolas Sarkozy marquait qu’il entendait bien placer l’action gouvernementale dans le droit fil de la campagne. Renforcement de la législation, lancement de l’« immigration choisie », lutte accrue contre l’immigration clandestine : la feuille de route était claire. Reste maintenant à inclure cette démarche dans une politique européenne concertée… et à ne pas enfermer les relations franco-africaines dans la seule politique migratoire.
1) Résultats pour les 17 promesses sur l'immigration
- 29,4 % des promesses sont « réalisées »
- 0 % des promesses sont « altérées »
- 41,2 % des promesses sont « en cours »
Retrouvez ci-dessous le tableau des promesses.
2) Analyse
Après le tour de vis législatif et réglementaire attendu par une majorité d'électeurs et largement réalisé, il convient de faire porter l'effort sur l’intégration et le codéveloppement. Ajoutons la coopération européenne, et nous aurons le programme de travail qui devrait être celui de Brice Hortefeux pour l’avenir.
> Après le tour de vis, agir sur l’intégration
Après cinq lois en cinq ans couronnées par l’épisode des tests ADN (soutenu à 56% par les Français), il apparaît maintenant que le gouvernement dispose d’un arsenal suffisant pour mettre en œuvre sa politique. Si la lutte contre l’immigration clandestine (et sa conséquence naturelle, la reconduite à la frontière de sans-papiers) est utile, une politique migratoire ne peut s’y réduire. Les questions d’intégration sont évidemment majeures. Si l’on peut s’interroger sur l’opportunité d’avoir inscrit « l’identité nationale » au fronton de ce ministère inédit, il y a en tout cas toute une politique de promotion d’adhésion à la communauté nationale et à ses valeurs à mettre en œuvre sur la longue durée.
> Coopération européenne : donner corps à une idée juste
Le prochain grand chantier de Brice Hortefeux sera, à l’occasion de la présidence française de l’Union européenne au second semestre 2008, le renforcement de la coopération européenne. Il a à cet effet présenté en mars un projet de Pacte européen sur l'immigration et sur l'asile. S’il y a à peu près accord entre les partenaires (en particulier ceux qui se trouvent sur le flanc méditerranéens de l’UE) sur la nécessité d’agir ensemble, sauront-ils établir un plan d’action opérationnel et y allouer les moyens nécessaires ?
> Ne pas enfermer les relations franco-africaines dans la seule politique migratoire
Après le Gabon et le Congo en 2007, c’est avec le Sénégal que Brice Hortefeux a signé en février un nouvel accord « d’immigration choisie et concertée ». Si on peut s’en féliciter, comme du lancement du compte épargne co-développement (même si pour le moment, on ne voit pas de résultats de ce côté-là), on doutera du bien-fondé qu’il y a à n’envisager les relations franco-africaines que sous l’angle de la politique migratoire. L’histoire a tissé des liens singuliers entre la France et bon nombre de pays africains. Si on ne veut pas perdre cette relation privilégiée, il faut envoyer d’autres signaux – des signaux politiques, économiques, culturels, etc.
3) Tableau des promesses

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