1) Résultats pour les 18 promesses pour l'emploi et le marché du travail

Copyright-ITM2008 - 11,1 % des promesses sont « réalisées »
- 5,6 % des promesses sont « altérées »
- 44,4 % des promesses sont « en cours »






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Retrouvez ci-dessous le tableau des promesses.


2) Analyse
Si la « méthode Bertrand », faite de séduction, de dialogue et de prudences, a permis jusqu’ici d’éviter la constitution d’un front syndical et de donner du contenu au dialogue social, les doutes des Français sur les résultats à attendre en matière d’emploi sont sans ambiguïtés : 68 % des Français pensent que l’action du gouvernement dans la lutte contre le chômage n’est pas efficace (1). Pourquoi cette défiance ? La réforme entreprise et sa méthode sont-elles à la hauteur des besoins ?

> Un dialogue social en cours de renouvellement
Le candidat Sarkozy, pendant la campagne, avait promis de donner sa chance au dialogue social entre syndicats et patronat ; il faut reconnaître que son gouvernement, en étant fidèle à la méthode préconisée, obtient des résultats satisfaisants. En oeuvrant à la modernisation du dialogue social, Xavier Bertrand rompt en quelque sorte avec la tradition bien française de l’affrontement social finalement tranché par la loi… La confiance faite aux partenaires sociaux se révèle payante : ainsi « la position commune » adoptée le 11 avril dernier sur la réforme de la représentativité syndicale et les règles de la négociation collective ; ainsi le rejet unanime des syndicats et du patronat (tant pis pour le candidat, mais tant mieux pour la négociation sociale…) de la proposition de création d’un contrat de travail unique ; ainsi l’accord trouvé en mars sur la réforme du contrat de travail qui ouvre prudemment la voie à une flexsécurité à la française.

> Une flexsécurité prudente, mais qui fait peur…
Cet accord sur le contrat de travail, qu’on peut qualifier de « sage » et qui a été discuté à l’Assemblée national à la mi-avril, ne remet pas en cause le CDI comme norme usuelle de la relation de travail. Mais il introduit 3 nouveautés : sur la durée des périodes d’essai, sur la rupture à l’amiable du contrat de travail et sur la création d’un contrat à objet déterminé. Du concret donc, mais du concret prudent… Qui ne va pas très loin sur les aspects de sécurisation des salariés (assurance chômage, transférabilité des droits, formation, etc.). Et qui ne semble pas satisfaire tout le monde : côté patronat, les patrons de PME (qui emploient 55% de la population active) jugent ces avancées timides et regrettent le maintient des 35 heures ; coté salariés, l’impression produite est celle de la porte ouverte à toujours plus de précarité et d’incertitudes. Un travail de pédagogie semble plus que jamais nécessaire…

> Seniors et chômeurs, objets de toutes les attentions
Autres aspects de cette flexsécurité à la française que le gouvernement cherche à dessiner dans le droit fil du discours de campagne du candidat Sarkozy : l’accroissement du travail des seniors et le durcissement des sanctions contre les chômeurs refusant deux « offres d’emploi valables ». Ces deux catégories vont, dans les semaines à venir, se trouver au centre de l’attention du gouvernement et des partenaires sociaux. L’impression d’une précarisation toujours plus grande risque de monter encore dans l’opinion. D’autant que le gouvernement n’a pas grand-chose à mettre sur la table en terme de sécurisation des parcours professionnels. Mais comment engager des réformes ambitieuses dans un pays sans marges de manœuvre budgétaire et sans croissance ?


3) Tableau des promesses

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(1) Sondage « Baromètre politique » TNS-Sofres-Le Figaro Magazine, mars 2008.