Pouvoir d’achat : l’aveu d’impuissance ?
En affirmant pendant la campagne présidentielle qu’il serait le « président du pouvoir d’achat », Nicolas Sarkozy a suscité une très grande attente. Un an après, avec l’augmentation des prix de l’énergie et de l’alimentaire, les Français attendent des résultats concrets et rapides. L’ensemble des promesses faites et des mesures annoncées suffiront-elles ?
1) Résultats pour les 25 promesses sur le pouvoir d'achat
- 28 % des promesses sont « réalisées »
- 12 % des promesses sont « altérées »
- 32 % des promesses sont « en cours »
Retrouvez ci-dessous le tableau des promesses.
2) Analyse
89 % des Français pensent que l’action du gouvernement dans la lutte contre la hausse des prix n’est pas efficace (1) : le moins que l’on puisse dire, c’est que l’activisme du président et du gouvernement, sanctionné par le nombre de mesures mises en œuvre, ne convainc pas les Français... Comment expliquer un tel écart entre engagement apparent et résultats insuffisants ?
> « Les caisses sont vides »
Le 8 janvier 2008, se faisant écho à son Premier ministre qui parlait quelque mois plus tôt d’un « Etat en faillite », Nicolas Sarkozy semblait revenir au principe de réalité : les marges de manœuvre budgétaire sont nulles. Bien qu’annonçant en mars, en pleine campagne municipale, les revalorisations de l’allocation de solidarité aux personnes âgées et de l’allocation adultes handicapés, il rappelait, loin des intonations de la campagne, qu’il ne ferait pas de miracles…
> Des propositions insuffisantes ?
La loi TEPA fut l’une des premières votées par le Parlement à l’été 2007. Pourtant, dès l’automne, les sondages montraient que l’inquiétude des Français croissaient et persistaient. La question est vite devenue le principal point de crispation entre les Français et le gouvernement, et sans doute l’une des principales causes de baisse de popularité du chef de l’Etat. Si le premier bilan de l’utilisation des heures supplémentaires a semblé positif (55% des entreprises y auraient eu recours en décembre 2007, selon le gouvernement), le « choc de confiance » promis par François Fillon et Christine Lagarde n’a pas eu lieu. Le gouvernement a donc dû compléter son premier train de réforme par une loi sur le développement de la concurrence au service des consommateurs (janvier 2008), une autre sur le pouvoir d’achat (février 2008) et par l’augmentation de l’allocation de solidarité aux personnes âgées et de l’allocation adultes handicapés. Preuve que la loi TEPA, qui contenait pourtant les plus importantes promesses de Nicolas Sarkozy sur le pouvoir d’achat, n’était pas à la hauteur des réformes nécessaires et en tout cas des résultats attendus par la plupart des Français.
> Des ambitions revues à la baisse
Si la crise économique mondiale n’a pas encore donné toute sa mesure en Europe et si son effet sur la croissance française n’est pas encore pleinement mesurable, Nicolas Sarkozy et le gouvernement commencent à utiliser cet argument pour justifier d’une réussite en matière de pouvoir d’achat en deçà des objectifs afficher pendant la campagne.
L’une des principales promesses de Nicolas Sarkozy, la baisse de 4 points des prélèvements obligatoires sur 10 ans (soit 68 milliards d’euros), n’est désormais plus à l’ordre du jour. C’est la très grande prudence qui l’est ! Ainsi François Fillon déclarait-il récemment : « Si la conjoncture le permet, si les mesures que nous prenons produisent les effets escomptés, nous réduirons les prélèvements » (interview à L'Express, 25 mars 2008).
On observe que depuis son revers aux élections municipales, la majorité et le gouvernement opèrent un glissement sémantique significatif : on parle désormais moins des difficultés sur le pouvoir d’achat que les succès sur le front du chômage. Il est vrai que si les courbes des prix montent, celles du chômage baissent structurellement. « Le plein emploi résoudra tous les problèmes », déclare ainsi habillement François Fillon (RTL, 31 mars 2008)…
3) Tableau des promesses

(1) Sondage « Baromètre politique » TNS-Sofres-Le Figaro Magazine, mars 2008.
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