

Par Paul GOLDSCHMIDT, ancien administrateur de Goldman Sachs International et ancien directeur à la Commission européenne, membre de l’Advisory Board de l’Institut Thomas More. Article publié dans la Libre Belgique du jeudi 19 août 2010.
Je suis croyant et pratiquant, droits que j’exerce et revendique au nom des principes du Libre Examen auxquels je reste très attaché depuis mes études à l’ULB dans les années 1950. Aussi, suis-je profondément choqué – au nom de ces mêmes principes – que le Conseil d’Action Laïque (CAL) s’octroie la prétention non seulement de délivrer des « Certificats de débaptisations » mais encore d’utiliser cette pratique pour renforcer sa campagne anticléricale historique en liant cette démarche aux faits de pédophilie (unanimement condamnés) qui ont éclaboussé l’Eglise.
Il va de soi que je respecte pleinement la démarche d’un croyant, qui change librement d’opinion, de se convertir à une autre religion ou de se proclamer athée. J’avoue ne pas comprendre en quoi cela nécessité la délivrance d’un certificat, notamment par une association qui n’a aucun statut ou part dans le sacrement du Baptême qu’il prétend ainsi « annuler ». En ce qui me concerne, la seule autorité qui aurait éventuellement le pouvoir de « débaptiser » est l’Eglise elle-même, de même qu’elle seule prononce, le cas échéant, « la nullité » (et non l’annulation) du « mariage religieux » dans des conditions qu’elle seule détermine. Cette reconnaissance de nullité – tout comme le mariage religieux – relevant purement de la sphère privée, n’a aucune conséquence sur le plan juridique et reste donc totalement indépendant d’une procédure de divorce.
Pour souligner non seulement l’arrogance mais aussi l’absurdité de la démarche du CAL, je me demande quelle serait sa réaction si, étant juif de naissance – et n’ayant donc pas choisi de l’être –, j’introduisais une demande de « Certificat de Déjudaïsation » au motif que je suis scandalisé de l’attitude d’Israël concernant Gaza ou la construction de nouvelles colonies.
J’en conclu que la motivation du CAL, en donnant tant de publicité à cette démarche, est essentiellement de renforcer à des fins partisanes l’amalgame superficiel et erroné entre les faits de pédophilie et le rôle de l’Eglise catholique.
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