Au regard d’une approche de type Realpolitik, la « transformation » de l’OTAN dans l’après-guerre froide pourrait constituer une aberration, un certain nombre de commentaires en France reflétant cette idée. Selon l’école néoréaliste des relations internationales, la formation des alliances n’est censée refléter qu’un état momentané des rapports de puissance. A contrario, l’application à l’OTAN de la méthode géopolitique se révèle féconde et d’une plus grande portée interprétative. Inscrite dans la durée, cette alliance politico-militaire récapitule des héritages et des mémoires qui requièrent une démarche historienne distinguant différentes échelles de temps. L’élargissement de l’OTAN sur les plans géographique et fonctionnel ne saurait s’expliquer par la seule dynamique de la « révolution dans les affaires militaires » et, plus généralement, le progrès technologique des armements. Le processus de « transformation » de l’OTAN renvoie à des situations ainsi qu’à des représentations géopolitiques globales qui doivent être saisies selon différents ordres de grandeur et niveaux d’analyse.
| Par Jean-Sylvestre MONGRENIER, chercheur à l'Institut Thomas More | Publié dans la revue Hérodote, N°146-147, 3e-4e trimestre 2012
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