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		<title>Institut Thomas More</title>
		<link><![CDATA[http://www.institut-thomas-more.org/fr/actualite/]]></link>
		<description>Institut Thomas More</description>
		<pubDate>Thu, 17 May 2012 08:33:06 +0200</pubDate>
		<lastBuildDate>Thu, 17 May 2012 08:33:06 +0200</lastBuildDate>
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			<title><![CDATA[Tensions au Sahel | Le Niger dans l’œil du cyclone]]></title>
			<link><![CDATA[http://www.institut-thomas-more.org/fr/actualite/tensions-au-sahel-le-niger-dans-loeil-du-cyclone.html]]></link>
			<description><![CDATA[<p>
	<strong style="text-align:left;"><span style="font-size:10px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;"><img alt="" src="upload/media/picture-tisseron-avril2012.JPG" style="margin-left:10px;margin-right:10px;margin-top:5px;margin-bottom:5px;float:left;width:180px;height:120px;" title="" />Par Antonin TISSERON, chercheur associé à l'Institut Thomas More </span></span></strong></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Alors que le Mali s’enfonce dans une crise dont il est difficile de voir le bout, le Niger apparaît relativement épargné. Mais dans une région sous haute tension, avec une montée de la violence dans le nord du Nigeria et au Soudan, une Libye dont le pouvoir central semble incapable de faire respecter son autorité sur les marges sud, ou encore une situation de crise alimentaire, l’avenir de ce pays apparaît incertain. À bien des égards en effet, le voisin oriental du Mali est dans l’œil du cyclone, accroissant l’importance des réformes engagées pour renforcer la stabilité et la cohésion d’un État fragilisé par la situation régionale.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<h2 style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:14px;">Relative stabilité dans le Nord</span></h2>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Malgré l’effondrement du voisin malien et, alors que traditionnellement les rébellions au Nord-Mali s’accompagnent de répliques chez le voisin oriental, pour l’instant la situation paraît relativement calme au Nord-Niger. Non seulement les Touaregs, contrairement à leurs « frères » du Mali, n’ont pas pris les armes contre les autorités mais, dans un communiqué rendu public le 6 avril, leurs responsables ont rejeté « totalement et de façon énergique » la déclaration d’indépendance de l’Azawad : « Nous disons non à cette dérive et nous lançons un appel à nos frères du Mali à garder la sérénité, se ressaisir et trouver une solution dans le cadre d’un État unitaire du Mali », était-il ainsi affirmé dans le communiqué signé Rissa Ag Bhoula, conseiller du président de l’Assemblée nationale Hama Amadou.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Plusieurs raisons peuvent expliquer ce positionnement des Touaregs nigériens. D’abord, la dernière rébellion de 2007-2009 n’avait pas pour objectif l’indépendance ou l’autonomie mais un partage des bénéfices de l’uranium plus favorable, des emplois pour les populations locales ainsi qu’une meilleure prise en compte des répercussions environnementales des industries d’extraction. Ensuite, après l’adoption en 1996 d’une loi de décentralisation dont le processus a commencé après l’élection de Mamadou Tandja à la présidence (décembre 1999-février 2010), les derniers programmes de développement ont privilégié les régions du nord. Et bien que des efforts restent à faire, le nombre de médecins et d’infirmiers par habitant par exemple, en 2009, était supérieur dans la région d’Agadez à la moyenne nationale. Plus récemment, la présidence a défendu un programme destiné aux zones pastorales, approfondi à travers un programme « sécurité et développement » doté de 1,5 milliards d’euros.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Surtout, du point de vue de l’intégration des populations, le Niger présente un tout autre visage que le Mali. Après l’élection de Mahamadou Issoufou, qui a succédé à Mamadou Tandja, plusieurs chefs touaregs ont rejoint les structures de l’État, dont Rissa Ag Bhoula n’est qu’un exemple parmi d’autres. Le 7 avril 2011, Brigi Rafini, un Touareg originaire de la région d’Agadez, est ainsi nommé premier ministre. Le numéro deux de l’armée, le général Ahmed Mohamed, est lui aussi Touareg, tout comme le conseiller du chef de l’État Mohamed Alambo, également fondateur du Mouvement nigérien pour la justice (MNJ) à l’origine de la révolte de 2007. Mohamed Akotey, le neveu de Mano Dayak, un ancien chef rebelle, est le nouveau le président du Conseil d’administration d’Imouraren, la plus grande société minière du pays. Quant au président du Conseil régional de la région d’Agadez, élu en 2011 lors des premières élections régionales du pays, il s’agit d’un ancien chef rebelle.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
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	 </p>
<h2 style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:14px;">Fragilité des équilibres</span></h2>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">S’il peut sembler prématuré d’envisager une trajectoire nigérienne comparable à celle du Mali, les équilibres sont cependant fragiles. Les hommes, les armes, les idées, circulent, et peuvent entrer en résonnance avec des facteurs de tensions déjà existants. Dans les régions du Nord, l’économie a été fortement touchée par l’arrêt d’un tourisme dont beaucoup était attendu pour le développement des services et de l’artisanat, et plusieurs milliers de combattants de la dernière rébellion (2007-2009) n’ont toujours pas déposé les armes. Plus inquiétant, les dizaines de milliers de déplacés maliens s’ajoutent aux 260 000 Nigériens, essentiellement des travailleurs temporaires, chassés par la crise libyenne ainsi qu’aux 20 000 Nigériens rentrés au moment de la crise ivoirienne, dont le retour s’est accompagné d’un arrêt des transferts d’argents pour leur famille.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Face à ces risques et menaces, la présidence nigérienne est engagée dans des réformes, mais leur mise en place contraste avec le sentiment d’urgence devant la situation régionale.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Certes, les quelques 25 000 hommes des forces de sécurité nigériennes sont engagés dans un programme de modernisation et bénéficient de l’assistance internationale. Mi-avril, Paris a ainsi annoncé que des hélicoptères de type Gazelle équipés de canon et ayant précédemment servi dans l’Aviation légère de l’armée de Terre française seraient livrées à Niamey, auxquels s’ajoutent la coopération de sécurité intérieure (1 millions d’euros en 2011) et militaire (3,2 millions avec la mise à disposition de 13 coopérants). De son côté, l’Union européenne finance des actions destinées à renforcer les structures judiciaires et les unités de la police et de la garde nationale. Cependant, ces forces sont encore dans une phase de montée en puissance et, comme le rappelait en décembre dernier le gouverneur de la région d’Agadez, seules un quart des armes entrées de Libye auraient été récupérées par les autorités.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Ensuite, la réforme des structures régionales est encore au milieu du gué. Si elle a permis de réaménager l’espace administratif nigérien et a confirmé le rôle des communes comme acteur local, la cohérence de l’action entre les différents acteurs locaux et nationaux ainsi que les transferts de compétences et de ressources demeurent en effet insuffisants. Les Assemblées régionales élues en 2011 ont ainsi pâti d’une absence de formation des élus, d’une absence de personnels, et de moyens matériels et financiers insuffisants, faisant évidemment écho à la faiblesse de l’administration dans des pays comme le Niger, mais aussi contrastant avec les attentes devant la décentralisation et la déconcentration.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<h2 style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:14px;">Renforcer le contrat politique interne</span></h2>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">La stratégie adoptée en octobre 2011 pour six des huit régions du pays par le gouvernement nigérien identifie cinq champs d’intervention : la sécurité des biens et des personnes, la création d’opportunités économiques pour les populations, l’amélioration de l’accès aux services de base, le renforcement de la gouvernance locale et l’intégration des réfugiés et déplacés.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Derrière la dialectique développement/sécurité qui sous-tend cette approche, l’enjeu est le renforcement des capacités de l’État mais aussi du contrat politique unissant la capitale et les périphéries. Or dans cette perspective, la décentralisation, fruit d’un compromis entre les anciens rebelles et les autorités centrales, occupe une place centrale, à la fois comme instrument permettant de répondre aux attentes des populations et de renforcer l’administration, mais aussi car sa réussite renvoie à la crédibilité de la parole de l’État et donc à la consolidation de la paix avec les anciens rebelles. À cet égard d’ailleurs, la comparaison avec le Mali est intéressante. Pour le député malien de Bourem lors de la concertation sur les crises du Sahel, organisée par le Parti pour la renaissance nationale (PARENA) le 18 décembre 2011, l’accompagnement insuffisant de la décentralisation aurait renforcé la corruption et les irrégularités dans le Nord Mali, accentuant le ressentiment des populations et le sentiment que le gouvernement ne respectait pas ses engagements. Il aurait contribué à nourrir les dynamiques conflictuelles et à saper la crédibilité des autorités dans leurs discussions avec les chefs locaux, ce qui semble être aujourd’hui l’un des principaux atouts du Niger.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
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	 </p>
<table border="0" cellpadding="1" cellspacing="1" style="width:750px;"><tbody><tr><td style="background-color:rgb(204,204,204);">
				<p>
					 </p>
				<h2 style="text-align:right;">
					<span style="font-size:11px;"><a href="upload/media/tisseron-mai2012.pdf" target="_blank" title="Tisseron-Mai2012">Téléchargez</a> <span style="color:#000000;">cette publication | 3 pages | 1000 Ko   </span></span></h2>
				<hr /><p>
					 </p>
				<p>
					 </p>
			</td>
		</tr></tbody></table><p>
	 </p>
]]></description>
			<pubDate>Fri, 11 May 2012 15:00:00 +0000</pubDate>
			<comments><![CDATA[http://www.institut-thomas-more.org/fr/actualite/tensions-au-sahel-le-niger-dans-loeil-du-cyclone.html]]></comments>
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			<title><![CDATA[Tensions au Sahel | Le Niger dans l’œil du cyclone]]></title>
			<link><![CDATA[http://www.institut-thomas-more.org/fr/actualite/tensions-au-sahel-le-niger-dans-loeil-du-cyclone-2.html]]></link>
			<description><![CDATA[<p>
	<strong style="text-align:left;"><span style="font-size:10px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;"><img alt="" src="upload/media/picture-tisseron-avril2012.JPG" style="margin-left:10px;margin-right:10px;margin-top:5px;margin-bottom:5px;float:left;width:150px;height:100px;" title="" />Par Antonin TISSERON, chercheur associé à l'Institut Thomas More </span></span></strong></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Alors que le Mali s’enfonce dans une crise dont il est difficile de voir le bout, le Niger apparaît relativement épargné. Mais dans une région sous haute tension, avec une montée de la violence dans le nord du Nigeria et au Soudan, une Libye dont le pouvoir central semble incapable de faire respecter son autorité sur les marges sud, ou encore une situation de crise alimentaire, l’avenir de ce pays apparaît incertain. À bien des égards en effet, le voisin oriental du Mali est dans l’œil du cyclone, accroissant l’importance des réformes engagées pour renforcer la stabilité et la cohésion d’un État fragilisé par la situation régionale.</span></span></p>
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	 </p>
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	<span style="font-size:14px;">Relative stabilité dans le Nord</span></h2>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Malgré l’effondrement du voisin malien et, alors que traditionnellement les rébellions au Nord-Mali s’accompagnent de répliques chez le voisin oriental, pour l’instant la situation paraît relativement calme au Nord-Niger. Non seulement les Touaregs, contrairement à leurs « frères » du Mali, n’ont pas pris les armes contre les autorités mais, dans un communiqué rendu public le 6 avril, leurs responsables ont rejeté « totalement et de façon énergique » la déclaration d’indépendance de l’Azawad : « Nous disons non à cette dérive et nous lançons un appel à nos frères du Mali à garder la sérénité, se ressaisir et trouver une solution dans le cadre d’un État unitaire du Mali », était-il ainsi affirmé dans le communiqué signé Rissa Ag Bhoula, conseiller du président de l’Assemblée nationale Hama Amadou.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Plusieurs raisons peuvent expliquer ce positionnement des Touaregs nigériens. D’abord, la dernière rébellion de 2007-2009 n’avait pas pour objectif l’indépendance ou l’autonomie mais un partage des bénéfices de l’uranium plus favorable, des emplois pour les populations locales ainsi qu’une meilleure prise en compte des répercussions environnementales des industries d’extraction. Ensuite, après l’adoption en 1996 d’une loi de décentralisation dont le processus a commencé après l’élection de Mamadou Tandja à la présidence (décembre 1999-février 2010), les derniers programmes de développement ont privilégié les régions du nord. Et bien que des efforts restent à faire, le nombre de médecins et d’infirmiers par habitant par exemple, en 2009, était supérieur dans la région d’Agadez à la moyenne nationale. Plus récemment, la présidence a défendu un programme destiné aux zones pastorales, approfondi à travers un programme « sécurité et développement » doté de 1,5 milliards d’euros.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Surtout, du point de vue de l’intégration des populations, le Niger présente un tout autre visage que le Mali. Après l’élection de Mahamadou Issoufou, qui a succédé à Mamadou Tandja, plusieurs chefs touaregs ont rejoint les structures de l’État, dont Rissa Ag Bhoula n’est qu’un exemple parmi d’autres. Le 7 avril 2011, Brigi Rafini, un Touareg originaire de la région d’Agadez, est ainsi nommé premier ministre. Le numéro deux de l’armée, le général Ahmed Mohamed, est lui aussi Touareg, tout comme le conseiller du chef de l’État Mohamed Alambo, également fondateur du Mouvement nigérien pour la justice (MNJ) à l’origine de la révolte de 2007. Mohamed Akotey, le neveu de Mano Dayak, un ancien chef rebelle, est le nouveau le président du Conseil d’administration d’Imouraren, la plus grande société minière du pays. Quant au président du Conseil régional de la région d’Agadez, élu en 2011 lors des premières élections régionales du pays, il s’agit d’un ancien chef rebelle.</span></span></p>
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	<span style="font-size:14px;">Fragilité des équilibres</span></h2>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">S’il peut sembler prématuré d’envisager une trajectoire nigérienne comparable à celle du Mali, les équilibres sont cependant fragiles. Les hommes, les armes, les idées, circulent, et peuvent entrer en résonnance avec des facteurs de tensions déjà existants. Dans les régions du Nord, l’économie a été fortement touchée par l’arrêt d’un tourisme dont beaucoup était attendu pour le développement des services et de l’artisanat, et plusieurs milliers de combattants de la dernière rébellion (2007-2009) n’ont toujours pas déposé les armes. Plus inquiétant, les dizaines de milliers de déplacés maliens s’ajoutent aux 260 000 Nigériens, essentiellement des travailleurs temporaires, chassés par la crise libyenne ainsi qu’aux 20 000 Nigériens rentrés au moment de la crise ivoirienne, dont le retour s’est accompagné d’un arrêt des transferts d’argents pour leur famille.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Face à ces risques et menaces, la présidence nigérienne est engagée dans des réformes, mais leur mise en place contraste avec le sentiment d’urgence devant la situation régionale.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Certes, les quelques 25 000 hommes des forces de sécurité nigériennes sont engagés dans un programme de modernisation et bénéficient de l’assistance internationale. Mi-avril, Paris a ainsi annoncé que des hélicoptères de type Gazelle équipés de canon et ayant précédemment servi dans l’Aviation légère de l’armée de Terre française seraient livrées à Niamey, auxquels s’ajoutent la coopération de sécurité intérieure (1 millions d’euros en 2011) et militaire (3,2 millions avec la mise à disposition de 13 coopérants). De son côté, l’Union européenne finance des actions destinées à renforcer les structures judiciaires et les unités de la police et de la garde nationale. Cependant, ces forces sont encore dans une phase de montée en puissance et, comme le rappelait en décembre dernier le gouverneur de la région d’Agadez, seules un quart des armes entrées de Libye auraient été récupérées par les autorités.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Ensuite, la réforme des structures régionales est encore au milieu du gué. Si elle a permis de réaménager l’espace administratif nigérien et a confirmé le rôle des communes comme acteur local, la cohérence de l’action entre les différents acteurs locaux et nationaux ainsi que les transferts de compétences et de ressources demeurent en effet insuffisants. Les Assemblées régionales élues en 2011 ont ainsi pâti d’une absence de formation des élus, d’une absence de personnels, et de moyens matériels et financiers insuffisants, faisant évidemment écho à la faiblesse de l’administration dans des pays comme le Niger, mais aussi contrastant avec les attentes devant la décentralisation et la déconcentration.</span></span></p>
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	 </p>
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	<span style="font-size:14px;">Renforcer le contrat politique interne</span></h2>
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	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">La stratégie adoptée en octobre 2011 pour six des huit régions du pays par le gouvernement nigérien identifie cinq champs d’intervention : la sécurité des biens et des personnes, la création d’opportunités économiques pour les populations, l’amélioration de l’accès aux services de base, le renforcement de la gouvernance locale et l’intégration des réfugiés et déplacés.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Derrière la dialectique développement/sécurité qui sous-tend cette approche, l’enjeu est le renforcement des capacités de l’État mais aussi du contrat politique unissant la capitale et les périphéries. Or dans cette perspective, la décentralisation, fruit d’un compromis entre les anciens rebelles et les autorités centrales, occupe une place centrale, à la fois comme instrument permettant de répondre aux attentes des populations et de renforcer l’administration, mais aussi car sa réussite renvoie à la crédibilité de la parole de l’État et donc à la consolidation de la paix avec les anciens rebelles. À cet égard d’ailleurs, la comparaison avec le Mali est intéressante. Pour le député malien de Bourem lors de la concertation sur les crises du Sahel, organisée par le Parti pour la renaissance nationale (PARENA) le 18 décembre 2011, l’accompagnement insuffisant de la décentralisation aurait renforcé la corruption et les irrégularités dans le Nord Mali, accentuant le ressentiment des populations et le sentiment que le gouvernement ne respectait pas ses engagements. Il aurait contribué à nourrir les dynamiques conflictuelles et à saper la crédibilité des autorités dans leurs discussions avec les chefs locaux, ce qui semble être aujourd’hui l’un des principaux atouts du Niger.</span></span></p>
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	 </p>
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	 </p>
<table border="0" cellpadding="1" cellspacing="1" style="width:750px;"><tbody><tr><td style="background-color:rgb(204,204,204);">
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					 </p>
				<h2 style="text-align:right;">
					<span style="font-size:11px;"><a href="upload/media/tisseron-mai2012.pdf" target="_blank" title="Tisseron-Mai2012">Téléchargez</a> <span style="color:#000000;">cette publication | 3 pages | 1000 Ko   </span></span></h2>
				<hr /><p>
					 </p>
				<p>
					 </p>
			</td>
		</tr></tbody></table><p>
	 </p>
]]></description>
			<pubDate>Fri, 11 May 2012 15:00:00 +0000</pubDate>
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		<item>
			<title><![CDATA[« Croissance », vous avez dit « croissance » ?!...]]></title>
			<link><![CDATA[http://www.institut-thomas-more.org/fr/actualite/-croissance-vous-avez-dit-croissance-.html]]></link>
			<description><![CDATA[<p>
	<strong style="text-align:left;"><span style="font-size:10px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;"><img alt="" src="upload/media/picture-goldschmidt-2-mai2012.jpg" style="margin-left:10px;margin-right:10px;margin-top:5px;margin-bottom:5px;float:left;width:180px;height:120px;" title="" />Par Paul GOLDSCHMIDT, ancien administrateur de Goldman Sachs International et ancien directeur à la Commission européenne, membre de l'Advisory Board de l'Institut Thomas More</span></span></strong></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Il y a un très large consensus sur le fait qu’on n’est encore loin d’être sorti de la crise, même si – campagne électorale du Président sortant oblige – certains prétendent que le pire est derrière nous. De même, il y a un très large consensus sur la nécessité de « croissance » même si – campagne électorale du Président entrant oblige – on nie délibérément l’importance des divergences sous-jacentes à cette revendication.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">La « croissance » est un objectif sur lequel il est aussi facile de s’accorder que « la maternité et la tarte aux pommes » selon le dicton anglais... Aussi, voit-on difficilement pourquoi elle devrait faire l’objet d’une renégociation du « Traité sur la discipline budgétaire». Ceci est d’autant plus vrai que beaucoup contestent le bien-fondé même du Traité, dont l’essentiel ne fait que répéter des obligations déjà souscrites dans le cadre de la législation européenne existante (six pack) ou à venir (two pack).</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Il est donc heureux que le sommet européen de juin consacre une part importante de ses délibérations à mettre en œuvre des politiques qui stimuleront l’activité économique sans remettre en cause la nécessité impérative de discipline budgétaire. Ceci implique, fatalement, des sacrifices à répartir équitablement entre citoyens; en clair cela veut dire qu’on ne pourra éviter l’austérité, même en faisant de la croissance une priorité! Ainsi, on envisagera: la mobilisation de moyens supplémentaires pour la BEI (dont les émissions d’obligations garanties par les 27 membres de l’UE constituent déjà des « Eurobonds »), un renforcement de l’efficacité des « fonds structurels » émargeant au budget communautaire, bref une série de mesures financières et budgétaires au niveau européen destinées à stimuler l’investissement, tout en rétablissant, pour chaque pays membre, l’équilibre des dépenses de fonctionnement. Au nombre de celles-ci, la réduction de la charge de la dette (capital et intérêts) constitue un problème particulièrement épineux.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">L’utilisation, tant par le Président sortant qu’entrant, de l’argument du taux historiquement bas du financement de la dette sur les marchés constitue un exemple emblématique d’une désinformation délibérée de l’opinion publique: d’un côté on prétend qu’il est attribuable au « redressement » budgétaire entamé par le gouvernement en place et que la « dégradation » de la note de la France par une des Agences de notation est sans conséquence; de l’autre, on veut faire croire que cela représente un vote de confiance des marchés qui auraient anticipé un changement de locataire à l’Élysée.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Or la réalité est tout autre : le taux historiquement bas des « Bunds » allemands à 10 et 2 ans (1,58% et 0,08%) et des « OAT » françaises (2,85% et 0,42%) doit s’analyser en relation avec le taux de l’inflation (+/- 2,5%), qui continuera à dépasser, au moins jusqu’à la fin 2012, l’objectif à moyen terme de « égal ou légèrement inférieur à 2% » que s’est fixé la BCE. En clair cela veut dire que l’investisseur prête aux gouvernements allemands et français en étant certain de perdre du pouvoir d’achat sur une période de 2 à 10 ans !</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Ce comportement semble totalement «irrationnel » mais, pourtant, il se confirme de jour en jour. Il y a à cela plusieurs raisons :</span></span></p>
<ol><li style="text-align:justify;">
		<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">L’investisseur n’a plus confiance dans le système bancaire et cherche à parquer ses liquidités en lieu sûr ; la perte de valeur peut alors s’assimiler à la location d’un coffre où l’on aurait entassé des billets de banque. L’achat de titres de la dette souveraine préserve les avantages de  mobilisation et de liquidité en cas de remploi, sans devoir justifier l’origine des fonds.</span></span></li>
	<li style="text-align:justify;">
		<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">L’excédant de liquidités en quête de placement dont la BCE a (heureusement) inondé le marché bancaire (LTRO) profite aux États. Les plus forts (Allemagne) drainent l’épargne privée et les fonds (prêts et investissements bancaires) qui se désengagent des pays plus faibles, alors que ces derniers profitent des ressources illimitées fournies à leurs systèmes bancaires nationaux par la BCE. Cette situation fait peser à terme une épée de Damoclès sur le marché de la dette souveraine au moment où les banques seront amenées à utiliser (comme prévu) les fonds de la BCE pour refinancer leurs propres échéances; cela nécessitera alors une nouvelle intervention de la BCE ou bien engendrera mécaniquement une hausse significative des taux de la dette souveraine des pays les plus faibles, grevant d’autant leur retour à l’équilibre.</span></span></li>
	<li style="text-align:justify;">
		<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">L’investisseur n’a pas confiance dans la « croissance » et pense que l’Europe s’achemine vers une nouvelle récession qui est déjà partiellement avérée (Grande-Bretagne, Espagne, Italie, Portugal, Grèce). Ce sentiment est renforcé par l’annonce que le chômage a atteint son plus haut niveau depuis l’introduction de la monnaie unique (11%). Sachant que, pour stabiliser l’emploi, il faut une croissance minimum de 2%, les perspectives d’un assainissement budgétaire, basé en partie sur une diminution des charges liées au chômage, sont quasi inexistantes.</span></span></li>
	<li style="text-align:justify;">
		<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">L’investisseur se rend compte qu’un programme de relance s’appuyant principalement sur l’investissement (que ce soit la recherche, l’innovation, l’éducation ou la mise en chantier de projets d’infrastructure) ne portera ses effets qu’à moyen voir long terme alors que l’austérité budgétaire doit s’appliquer immédiatement.</span></span></li>
	<li style="text-align:justify;">
		<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">L’investisseur a intégré le message de la BCE comme quoi, vu l’incertitude d’une reprise, il est prématuré d’envisager un resserrement monétaire, ce qui n’est pas de nature à renforcer la confiance dans la croissance.</span></span></li>
</ol><p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Enfin, imaginons que, malgré tout, les gouvernements arrivent à rétablir la confiance et la croissance : ce succès – espéré – aura aussi des conséquences financières inévitables, que les responsables se sont bien gardés de mettre en exergue :</span></span></p>
<ol><li style="text-align:justify;">
		<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">La croissance engendrera une réorientation – voulue par les autorités – des prêts bancaires vers le secteur privé conduisant inéluctablement à une hausse du coût de la dette souveraine, privée de son quasi monopole actuel comme investissement « de choix ».</span></span></li>
	<li style="text-align:justify;">
		<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">La BCE devra rapidement mettre en place sa stratégie de « sortie de crise » par un retrait de liquidités et une hausse des taux qui se répercuteront sur l’ensemble du marché tant privé que public. Toute hésitation visant à maintenir les taux courts aux bas niveaux actuels réanimera la crainte d’inflation qui se traduira par une hausse des taux à moyen et long terme et fera exploser le coût du service de la dette.</span></span></li>
</ol><p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">En conclusion, il est plus que temps de regarder la réalité en face : la crise financière, qui a éclaté à l’été 2008, est le résultat d’un surendettement cumulé des particuliers, du secteur financier et des États s’étalant sur une période de plus de trente ans. Un retour progressif à des normes d’endettement compatibles avec les équilibres économiques de long terme est incontournable. Il ne peut être atteint que par une combinaison judicieuse d’une politique d’austérité budgétaire visant à limiter ou même décroître le montant de l’endettement absolu d’une part, et la tolérance d’une inflation maîtrisée à un taux suffisant pour dévaluer partiellement la valeur de la dette de l’autre. Tout miser sur un seul des deux paramètres revient soit à cautionner la perspective d’une « dépression » économique rappelant les années 1930 soit à courir le risque d’une inflation galopante rappelant les déboires subis par les allemands dans les années 1920. Penser qu’on peut postposer encore longtemps l’heure des choix relève du rêve !</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Dans tous les cas de figure il y aura des sacrifices importants à gérer et le vrai défi est de s’assurer qu’ils soient répartis, autant que possible, avec équité de sorte que le redressement pèse d’avantage sur ceux qui sont les plus à même de contribuer.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Dans ce contexte, un renforcement de la cohésion au sein de l’Union constitue une condition préalable et nécessaire dans la gestion efficace de la sortie de crise. Tout repli sur soi ne peut qu’engendrer l’effondrement de l’Europe où il est évident que ce sont les plus riches qui ont de très loin le plus à perdre ; cela vaut autant pour les citoyens des pays membres de l’Union Monétaire que pour les anglais ou les suédois. Cette mise en garde s’avère d’autant plus pertinente que la montée du nationalisme et du populisme, exprimée dans les récents scrutins, est une menace des plus sérieuses.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Suite aux résultats du vote des Français et des Grecs, on attend des vainqueurs qu’ils se hissent à la hauteur des immenses responsabilités qui seront les leurs et prennent la mesure des contradictions implicites, contenues dans les programmes sur lesquels ils se sont fait élire !</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<hr /><p>
	 </p>
]]></description>
			<pubDate>Wed, 09 May 2012 10:00:00 +0000</pubDate>
			<comments><![CDATA[http://www.institut-thomas-more.org/fr/actualite/-croissance-vous-avez-dit-croissance-.html]]></comments>
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		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[« Croissance », vous avez dit « croissance » ?!...]]></title>
			<link><![CDATA[http://www.institut-thomas-more.org/fr/actualite/-croissance-vous-avez-dit-croissance--2.html]]></link>
			<description><![CDATA[<p>
	<strong style="text-align:left;"><span style="font-size:10px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;"><img alt="" src="upload/media/picture-goldschmidt-2-mai2012-copie.jpg" style="width:560px;height:160px;" title="" /></span></span></strong></p>
<p>
	<strong style="text-align:left;"><span style="font-size:10px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Par Paul GOLDSCHMIDT, ancien administrateur de Goldman Sachs International et ancien directeur à la Commission européenne, membre de l'Advisory Board de l'Institut Thomas More</span></span></strong></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Il y a un très large consensus sur le fait qu’on n’est encore loin d’être sorti de la crise, même si – campagne électorale du Président sortant oblige – certains prétendent que le pire est derrière nous. De même, il y a un très large consensus sur la nécessité de « croissance » même si – campagne électorale du Président entrant oblige – on nie délibérément l’importance des divergences sous-jacentes à cette revendication.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">La « croissance » est un objectif sur lequel il est aussi facile de s’accorder que « la maternité et la tarte aux pommes » selon le dicton anglais... Aussi, voit-on difficilement pourquoi elle devrait faire l’objet d’une renégociation du « Traité sur la discipline budgétaire». Ceci est d’autant plus vrai que beaucoup contestent le bien-fondé même du Traité, dont l’essentiel ne fait que répéter des obligations déjà souscrites dans le cadre de la législation européenne existante (six pack) ou à venir (two pack).</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Il est donc heureux que le sommet européen de juin consacre une part importante de ses délibérations à mettre en œuvre des politiques qui stimuleront l’activité économique sans remettre en cause la nécessité impérative de discipline budgétaire. Ceci implique, fatalement, des sacrifices à répartir équitablement entre citoyens; en clair cela veut dire qu’on ne pourra éviter l’austérité, même en faisant de la croissance une priorité! Ainsi, on envisagera: la mobilisation de moyens supplémentaires pour la BEI (dont les émissions d’obligations garanties par les 27 membres de l’UE constituent déjà des « Eurobonds »), un renforcement de l’efficacité des « fonds structurels » émargeant au budget communautaire, bref une série de mesures financières et budgétaires au niveau européen destinées à stimuler l’investissement, tout en rétablissant, pour chaque pays membre, l’équilibre des dépenses de fonctionnement. Au nombre de celles-ci, la réduction de la charge de la dette (capital et intérêts) constitue un problème particulièrement épineux.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">L’utilisation, tant par le Président sortant qu’entrant, de l’argument du taux historiquement bas du financement de la dette sur les marchés constitue un exemple emblématique d’une désinformation délibérée de l’opinion publique: d’un côté on prétend qu’il est attribuable au « redressement » budgétaire entamé par le gouvernement en place et que la « dégradation » de la note de la France par une des Agences de notation est sans conséquence; de l’autre, on veut faire croire que cela représente un vote de confiance des marchés qui auraient anticipé un changement de locataire à l’Élysée.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Or la réalité est tout autre : le taux historiquement bas des « Bunds » allemands à 10 et 2 ans (1,58% et 0,08%) et des « OAT » françaises (2,85% et 0,42%) doit s’analyser en relation avec le taux de l’inflation (+/- 2,5%), qui continuera à dépasser, au moins jusqu’à la fin 2012, l’objectif à moyen terme de « égal ou légèrement inférieur à 2% » que s’est fixé la BCE. En clair cela veut dire que l’investisseur prête aux gouvernements allemands et français en étant certain de perdre du pouvoir d’achat sur une période de 2 à 10 ans !</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Ce comportement semble totalement «irrationnel » mais, pourtant, il se confirme de jour en jour. Il y a à cela plusieurs raisons :</span></span></p>
<ol><li style="text-align:justify;">
		<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">L’investisseur n’a plus confiance dans le système bancaire et cherche à parquer ses liquidités en lieu sûr ; la perte de valeur peut alors s’assimiler à la location d’un coffre où l’on aurait entassé des billets de banque. L’achat de titres de la dette souveraine préserve les avantages de  mobilisation et de liquidité en cas de remploi, sans devoir justifier l’origine des fonds.</span></span></li>
	<li style="text-align:justify;">
		<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">L’excédant de liquidités en quête de placement dont la BCE a (heureusement) inondé le marché bancaire (LTRO) profite aux États. Les plus forts (Allemagne) drainent l’épargne privée et les fonds (prêts et investissements bancaires) qui se désengagent des pays plus faibles, alors que ces derniers profitent des ressources illimitées fournies à leurs systèmes bancaires nationaux par la BCE. Cette situation fait peser à terme une épée de Damoclès sur le marché de la dette souveraine au moment où les banques seront amenées à utiliser (comme prévu) les fonds de la BCE pour refinancer leurs propres échéances; cela nécessitera alors une nouvelle intervention de la BCE ou bien engendrera mécaniquement une hausse significative des taux de la dette souveraine des pays les plus faibles, grevant d’autant leur retour à l’équilibre.</span></span></li>
	<li style="text-align:justify;">
		<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">L’investisseur n’a pas confiance dans la « croissance » et pense que l’Europe s’achemine vers une nouvelle récession qui est déjà partiellement avérée (Grande-Bretagne, Espagne, Italie, Portugal, Grèce). Ce sentiment est renforcé par l’annonce que le chômage a atteint son plus haut niveau depuis l’introduction de la monnaie unique (11%). Sachant que, pour stabiliser l’emploi, il faut une croissance minimum de 2%, les perspectives d’un assainissement budgétaire, basé en partie sur une diminution des charges liées au chômage, sont quasi inexistantes.</span></span></li>
	<li style="text-align:justify;">
		<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">L’investisseur se rend compte qu’un programme de relance s’appuyant principalement sur l’investissement (que ce soit la recherche, l’innovation, l’éducation ou la mise en chantier de projets d’infrastructure) ne portera ses effets qu’à moyen voir long terme alors que l’austérité budgétaire doit s’appliquer immédiatement.</span></span></li>
	<li style="text-align:justify;">
		<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">L’investisseur a intégré le message de la BCE comme quoi, vu l’incertitude d’une reprise, il est prématuré d’envisager un resserrement monétaire, ce qui n’est pas de nature à renforcer la confiance dans la croissance.</span></span></li>
</ol><p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Enfin, imaginons que, malgré tout, les gouvernements arrivent à rétablir la confiance et la croissance : ce succès – espéré – aura aussi des conséquences financières inévitables, que les responsables se sont bien gardés de mettre en exergue :</span></span></p>
<ol><li style="text-align:justify;">
		<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">La croissance engendrera une réorientation – voulue par les autorités – des prêts bancaires vers le secteur privé conduisant inéluctablement à une hausse du coût de la dette souveraine, privée de son quasi monopole actuel comme investissement « de choix ».</span></span></li>
	<li style="text-align:justify;">
		<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">La BCE devra rapidement mettre en place sa stratégie de « sortie de crise » par un retrait de liquidités et une hausse des taux qui se répercuteront sur l’ensemble du marché tant privé que public. Toute hésitation visant à maintenir les taux courts aux bas niveaux actuels réanimera la crainte d’inflation qui se traduira par une hausse des taux à moyen et long terme et fera exploser le coût du service de la dette.</span></span></li>
</ol><p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">En conclusion, il est plus que temps de regarder la réalité en face : la crise financière, qui a éclaté à l’été 2008, est le résultat d’un surendettement cumulé des particuliers, du secteur financier et des États s’étalant sur une période de plus de trente ans. Un retour progressif à des normes d’endettement compatibles avec les équilibres économiques de long terme est incontournable. Il ne peut être atteint que par une combinaison judicieuse d’une politique d’austérité budgétaire visant à limiter ou même décroître le montant de l’endettement absolu d’une part, et la tolérance d’une inflation maîtrisée à un taux suffisant pour dévaluer partiellement la valeur de la dette de l’autre. Tout miser sur un seul des deux paramètres revient soit à cautionner la perspective d’une « dépression » économique rappelant les années 1930 soit à courir le risque d’une inflation galopante rappelant les déboires subis par les allemands dans les années 1920. Penser qu’on peut postposer encore longtemps l’heure des choix relève du rêve !</span></span></p>
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	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Dans tous les cas de figure il y aura des sacrifices importants à gérer et le vrai défi est de s’assurer qu’ils soient répartis, autant que possible, avec équité de sorte que le redressement pèse d’avantage sur ceux qui sont les plus à même de contribuer.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Dans ce contexte, un renforcement de la cohésion au sein de l’Union constitue une condition préalable et nécessaire dans la gestion efficace de la sortie de crise. Tout repli sur soi ne peut qu’engendrer l’effondrement de l’Europe où il est évident que ce sont les plus riches qui ont de très loin le plus à perdre ; cela vaut autant pour les citoyens des pays membres de l’Union Monétaire que pour les anglais ou les suédois. Cette mise en garde s’avère d’autant plus pertinente que la montée du nationalisme et du populisme, exprimée dans les récents scrutins, est une menace des plus sérieuses.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Suite aux résultats du vote des Français et des Grecs, on attend des vainqueurs qu’ils se hissent à la hauteur des immenses responsabilités qui seront les leurs et prennent la mesure des contradictions implicites, contenues dans les programmes sur lesquels ils se sont fait élire !</span></span></p>
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	 </p>
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	 </p>
]]></description>
			<pubDate>Wed, 09 May 2012 10:00:00 +0000</pubDate>
			<comments><![CDATA[http://www.institut-thomas-more.org/fr/actualite/-croissance-vous-avez-dit-croissance--2.html]]></comments>
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		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Europe | François Hollande a-t-il les moyens de sa politique ?]]></title>
			<link><![CDATA[http://www.institut-thomas-more.org/fr/actualite/europe-francois-hollande-a-t-il-les-moyens-de-sa-politique-.html]]></link>
			<description><![CDATA[<p>
	<strong><span style="font-size:10px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;"><img alt="" src="upload/media/picture-lesueur-rfi-07052012.jpg" style="margin-left:10px;margin-right:10px;margin-top:5px;margin-bottom:5px;float:left;width:180px;height:120px;" title="" />Tous les dirigeants européens ont félicité François Hollande pour sa victoire à l’élection présidentielle. Tous attendent désormais les prochaines échéances européennes pour pouvoir évoquer avec lui l’avenir de l’Union. </span></span><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;font-size:10px;">Jean-Thomas LESUEUR, délégué général de l'Institut Thomas More, s'interroge sur les moyens dont dispose le nouveau président de la République pour imposer ses vues à ses partenaires | Emission <em>Allô Bruxelles</em>, RFI, lundi 7 mai 2012.</span></strong></p>
<p>
	<span style="font-size:10px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Ecoutez le podcast en <strong><a href="http://www.rfi.fr/emission/20120507-jean-thomas-lesueur-delegue-general-institut-thomas-more" target="_blank">cliquant ici</a></strong>.</span></span></p>
<hr /><p>
	 </p>
]]></description>
			<pubDate>Mon, 07 May 2012 18:00:00 +0000</pubDate>
			<comments><![CDATA[http://www.institut-thomas-more.org/fr/actualite/europe-francois-hollande-a-t-il-les-moyens-de-sa-politique-.html]]></comments>
			<guid isPermaLink="true"><![CDATA[http://www.institut-thomas-more.org/fr/actualite/europe-francois-hollande-a-t-il-les-moyens-de-sa-politique-.html]]></guid>
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	</channel>
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