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		<title>Institut Thomas More - Russie et CEI</title>
		<link><![CDATA[http://www.institut-thomas-more.org/fr/actualite/russie-et-cei/]]></link>
		<description>Russie et CEI</description>
		<pubDate>Tue, 21 May 2013 11:15:39 +0200</pubDate>
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			<title><![CDATA[Réunion d’Almaty | Impasse sur le nucléaire iranien et regard sur le Kazakhstan]]></title>
			<link><![CDATA[http://www.institut-thomas-more.org/fr/actualite/reunion-dalmaty-impasse-sur-le-nucleaire-iranien-et-regard-sur-le-kazakhstan.html]]></link>
			<description><![CDATA[<p>
	<strong><span style="font-size:10px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;"><img alt="" src="upload/media/picture-mongrenier-3-fev2013.JPG" style="width:180px;height:120px;margin:5px 10px;float:left;" title="" />Les négociations sur le programme nucléaire militaire iranien sont dans l’impasse et la réunion d’Almaty (Kazakhstan), le 26 février 2013, ne devrait marquer aucune avancée. Nous approchons de la « ligne rouge » et de l’épreuve de force. Mais s’il n’y a rien à attendre de la réunion, du moins l’événement appelle-t-il l’attention sur le Kazakhstan, souvent perçu comme un satellite de la « Russie-Eurasie ». Trop hâtivement, peut-être | Par Jean-Sylvestre MONGRENIER, chercheur associé à l’Institut Thomas More</span></span></strong></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Le 26 février 2013, Almaty accueillera une nouvelle réunion des « 5+1 » (les membres permanents du Conseil de sécurité plus l’Allemagne) et de l’Iran pour ouvrir des négociations sur le programme nucléaire iranien. Un nouvel échec est des plus probables et l’épreuve de force entre le régime iranien et les puissances occidentales se profile à l’horizon. L’année 2013 pourrait-être celle de l’Iran.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">De fait, la diplomatie a failli dans la décennie écoulée. C’est en 2002 que les Moudjahidines du peuple, une organisation s’opposant au régime iranien, ont révélé l’existence d’un programme nucléaire clandestin, Téhéran violant les engagements pris dans le cadre du Traité de non-prolifération. L’année suivante, le trio Paris-Berlin-Londres (l’UE-3) a bien obtenu de Téhéran l’arrêt du processus d’enrichissement de l’uranium, sous la pression des armées américaines engagée en Irak, mais cela n’aura été qu’une parenthèse de quelques mois.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<h2 style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;">| Échec à la diplomatie</span></h2>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Depuis, le régime iranien a multiplié les nombre des centrifugeuses nécessaires au processus, accumulé l’uranium hautement enrichi (150 kg à 20% à l’automne 2012), enterré ses installations sous une montagne (Fordow, près de Qom) et empêché l’AIEA de visiter les sites incriminés. Lors du premier mandat Obama, la politique de la main tendue n’a pu faire bouger les lignes. L’an passé encore, trois réunions entre les « 5+1 » et l’Iran ont été organisées – à Istanbul, Bagdad et Moscou – mais sans réelle avancée.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">A Téhéran, les ouvertures américaines et les hésitations occidentales sont interprétées comme autant de signes de faiblesse et de décadence de l’Occident. L’exercice consiste à gagner du temps sur le terrain diplomatique tout en maintenant un effort continu sur le plan balistique et nucléaire. Un pas en arrière, deux pas en avant et le seuil de nucléarisation se rapproche (1). Ahmadinejad nous a prévenus : le « droit au nucléaire » n’est pas négociable ; les loups se dévorent entre eux au sein du régime mais cet objectif fait consensus.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Ainsi apprenait-on, voici quelques semaines, qu’une partie de l’uranium enrichi (plus de 6000 kg enrichis à 3,5%) pourrait être transformée en combustible pour le nucléaire civil, ce qui repousserait plus loin dans le temps le passage de la « ligne rouge » et ouvrirait un espace pour la négociation. Deux semaines avant la réunion d’Almaty, Téhéran fait savoir que de nouvelles centrifugeuses, plus performantes, sont en cours d’installation sur le site de Natanz (2). Et l’AIEA de confirmer que la mission d’inspection de décembre dernier, sur base militaire de Parchin notamment (le régime y aurait mené des tests d’explosion applicables au nucléaire), n’avait pu être menée à bien.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<h2 style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;">| Ne pas se tromper sur Téhéran</span></h2>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">D’aucuns veulent voir dans la stratégie de long terme que révèle le programme nucléaire iranien la preuve que les chefs du régime sont rationnels. Dès lors, il serait possible de dégager un terrain d’entente et de coopération entre l’Iran et l’Occident. Les forcenés de l’optimisme laissent entendre que l’accès de Téhéran au nucléaire militaire ne poserait pas de réels problèmes, les dirigeants iraniens étant ipso facto condamnés à rationaliser plus encore leur comportement et à faire le choix de la dissuasion. </span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Il semble que l’on confonde ici la « rationalité en valeur » de Max Weber avec la « Raison » des Lumières. La première consiste à agencer les moyens nécessaires à la poursuite de fins fixées arbitrairement. Guidée par un système de croyances fortes, sans prise en considération des conséquences, elle n’a rien à voir avec la « Liberté » et le « Bonheur », ces fins rationnelles de l’Humanité posées par la philosophie du XVIIIe siècle.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Cette nécessaire distinction renvoie à la nature même du régime iranien dont l’identité et la raison d’être reposent sur l’opposition aux États-Unis, à Israël et à l’Occident. Les atouts de l’Iran et des Iraniens sur la scène internationale, son potentiel de développement et les promesses de modernisation à l’époque du Shah, tout cela a été sacrifié à l’idéologie politico-religieuse ainsi qu’à la lutte contre le « Grand Satan ».</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">L’embargo occidental sur les hydrocarbures iraniens a réduit de moitié les ressources en pétro-dollars mais les chefs du régime, « Guide de la Révolution » en tête, persévèrent dans l’erreur. Les sanctions internationales, l’affaissement économique et la guerre de l’ombre auront ralenti la marche vers le nucléaire militaire, sans faire renoncer Téhéran. L’idéologie et l’autoconservation du régime priment sur la paix, la prospérité et le bien commun. Si rationalité il y a, elle est purement instrumentale. </span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Aussi n’y aura-t-il ni « grand marchandage », ni instauration d’une relation du type « gagnant-gagnant », le politique étant irréductible à l’économisme, moins encore à la vue-du-monde des managers. Nous ne sommes pas dans une négociation commerciale supposée profiter à tous mais dans une épreuve de force, un rapport de puissance, celle-là se définissant comme la capacité à faire prévaloir sa volonté sur l’Autre.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">De mois en mois, nous nous rapprochons de la « ligne rouge » à partir de laquelle le régime iranien aura accès à la puissance nucléaire, avec pour perspective de dramatiques enchaînements dans une région tourmentée qui craque de toutes parts (3). Seule la certitude d’un emploi imminent de la force armée, c’est-à-dire un bombardement de ses installations en l’occurrence, pourrait faire reculer le régime iranien.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Dès lors, les puissances occidentales se retrouvent face à cette question historiale : un Iran transmuté en puissance nucléaire au cœur du Moyen-Orient est-il préférable à une intervention militaire ? Nous sommes au terme de ce jeu d’ombres et les scénarios de guerre gagnent en probabilité. Il reste à en persuader les dirigeants iraniens.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<h2 style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;">| Regard sur le Kazakhstan, pont entre la Russie et les États centre-asiatiques</span></h2>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Issu de la dislocation de l’URSS, le Kazakhstan est un vaste État (2,71 millions de km2) dont le territoire représente les deux tiers de l’espace centre-asiatique (4 millions de km2). Il compte 17,5 millions d’habitants soit près du quart des populations de la région. La majeure partie de la population est turco-musulmane (63% de Kazakhs ethniques ainsi que des Ouzbeks, Tatars et Ouïghours) mais il faut y ajouter une importante minorité russe (voir plus bas) et quelques autres (Ukrainiens et Allemands notamment).</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Depuis 1991, date de l’indépendance, le Kazakhstan est présidé par Noursoultan Nazarbaev, un nomenklaturiste déjà en place à l’époque soviétique (il gagne en pouvoir sous Gorbatchev), incarnation même de l’autoritarisme patrimonial, ce mode de gouvernement très présent dans l’aire post-soviétique. Ainsi a-t-il pu être question à Astana de supprimer purement et simplement l’élection au profit d’une présidence à vie.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Puissance énergétique et minérale, le Kazakhstan est fortement lié à la Russie tant sur le plan historique que géopolitique et géoéconomique (sur le Kazakhstan comme puissance pétrolière, voir le focus 1). Dès le XVIIe siècle, les plateaux kazakhs sont incorporés dans la sphère russe (4) et la partie nord du pays demeure en partie peuplée de Russes ethniques (le tiers de la population totale). Ce fait n’est pas sans rapport avec l’implantation de la nouvelle capitale à Astana en lieu et place d’Alma-Ata (Almaty), plus méridionale.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Par ailleurs, les hydrocarbures kazakhs sont largement exportés par les oléoducs et gazoducs russes, à destination des marchés occidentaux (environ 80% des volumes extraits). Sur le plan nucléaire, Astana et Moscou sont associés dans la gestion du site d’Angarsk (Sibérie méridionale/Russie), site voué à l’enrichissement de l’uranium en liaison avec l’exportation de centrales russes à l’étranger (5). Enfin, le territoire du Kazakhstan abrite le cosmodrome de Baïkonour, une base spatiale héritée de l’URSS et louée à l’État russe (6) (l’accord signé en 1994 est en cours de renégociation, avec un possible partenariat russo-kazakh).</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Au sein de la Communauté des États indépendants (CEI), l’étroite relation Moscou-Astana est le support de projets d’intégration renforcée comme l’Union douanière Russie-Biélorussie-Kazakhstan, la Communauté économique eurasiatique (CEEuras) ou encore l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), ces différents ensembles esquissant le noyau dur de l’aire post-soviétique (l’« étranger proche » de la diplomatie russe) que Vladimir Poutine voudrait transformer en une Union eurasiatique.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Si la Russie est le lien historique et géopolitique entre les différentes parties de la CEI (Europe orientale, Caucase et Asie centrale), le Kazakhstan forme un pont terrestre entre la Russie et les autres États centre-asiatiques, ce qui ouvre d’importants avantages et possibilités aux dirigeants kazakhs, intéressés au premier chef par la stabilité et l’intégration de la région (les Kazakhs ne veulent pas se limiter à un face-à-face avec Moscou).</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<h2 style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;">| Une diplomatie kazakhe multivectorielle</span></h2>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Aussi Nazarbaev a-t-il promu ou soutenu avec constance différents projets d’intégration. En 1994, il lance l’idée d’une union eurasiatique qui pallierait les insuffisances de la CEI. L’année suivante, il rallie l’Union douanière Russie-Biélorussie et depuis, il promeut activement  une sorte de marché commun qui, avec la Communauté Economique Eurasiatique (traité d’Astana, 10 octobre 2000), a lentement pris forme.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Ces différents accords permettent à Astana d’exporter ses hydrocarbures à travers le territoire de la Russie et d’importer des biens d’équipement de ce pays en réduisant les coûts de transaction (taxes russes sur le transit et l’exportation). Le Kazakhstan se révèle aussi un pays-clef de l’OTSC, cette alliance militaire centrée sur la Russie, pays autrement plus fiable que l’Ouzbékistan et plus consistant que le Kirghizstan ou le Tadjikistan.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Toutefois, cette forte relation russo-kazakhe ne doit pas dissimuler la volonté d’Astana de développer une diplomatie multivectorielle afin de réduire sa dépendance envers Moscou. Le Kazakhstan coopère avec les États-Unis dans le cadre du Partenariat pour la Paix de l’OTAN et accueille les investissements de majors occidentales. Leur présence a d’ailleurs permis à Astana de faire pression sur Moscou pour obtenir des concessions. Dans le cadre de sa politique énergétique, Bruxelles ne saurait se désintéresser de ce pays, partie prenante du Bassin de la Caspienne.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Membre actif de l’Organisation de coopération de Shanghaï (OCS), ce pays entretient des relations bilatérales soutenues avec la Chine vers laquelle des quantités croissantes de pétrole et de gaz sont exportées à travers la Porte de Dzoungarie, zone de passage des invasions mongoles dans le sens inverse au Moyen-Age (voir focus 2). La montée en puissance de ces échanges et, par voie de conséquences, les marges de manœuvre accrues d’Astana suscitent une certaine inquiétude dans les cercles dirigeants russes.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Enfin, le pouvoir kazakh a érigé en doctrine d’État une forme spécifique d’eurasisme et l’Université eurasienne d’Astana est dédiée à l’historien-ethnographe Lev Goumilev. A la différence de l’eurasisme russo-centré d’un Alexandre Douguine, cet « eurasisme allogène et inversé » (Marlène Laruelle) exalte le rôle des peuples turcs dans l’histoire universelle et développe la thèse de l’acculturation précoce des Russes par les nomades et empires de la steppe.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Nazarbaev et les dirigeants kazakhs voient en leur pays le prototype de l’État eurasien, les observateurs analysant l’eurasisme d’État développé à Astana comme une nouvelle langue de bois destinée à habiller l’ethno- nationalisme kazakh. De fait, ne négligeons pas la volonté à la tête de l’État de consolider et renforcer la souveraineté du Kazakhstan.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<h2 style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:10px;">| Notes</span></h2>
<p style="text-align:left;">
	<span style="font-size:10px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">(1) Le but de la stratégie iranienne semble être de s’imposer comme pays du seuil disposant de la capacité de construire très rapidement une arme nucléaire à un moment donné et de placer la Communauté internationale devant le fait accompli. </span></span></p>
<p style="text-align:left;">
	<span style="font-size:10px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">(2) L’Organisation iranienne de l’énergie atomique (AEOI) y a ajouté, à trois jours du nouveau cycle de négociations, l’annonce selon laquelle d’importants gisements d'uranium naturel auraient été découverts sur le territoire iranien et l'identification de sites pour 16 nouvelles centrales nucléaires. On ne saurait mieux donner le ton de la réunion à venir. </span></span></p>
<p style="text-align:left;">
	<span style="font-size:10px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">(3) Selon certaines estimations des services occidentaux, l’Iran disposerait chaque mois d’une quantité supplémentaire de 15 kg d’uranium enrichi à 20%. En théorie, le stock actuel de 150 kg permettrait la construction de cinq armes nucléaires. A Jérusalem, la « ligne rouge » à partir de laquelle des opérations militaires devraient être décidées est fixée à 240 kg d’uranium enrichi à 20%. </span></span></p>
<p style="text-align:left;">
	<span style="font-size:10px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">(4) La partie sud et le lac Balkhach ont été intégrés plus tardivement, dans la seconde moitié du XIXe siècle, lorsque la Russie tsariste s’empare d’une grande partie du Turkestan (le centre administratif du Turkestan russe est fixé à Tachkent, actuelle capitale de l’Ouzbékistan). </span></span></p>
<p style="text-align:left;">
	<span style="font-size:10px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">(5) Le site d’Angarsk était au centre d’un projet de règlement de la crise nucléaire iranienne proposé à Téhéran octobre 2009. Téhéran se voyait proposer de de transférer 70% de son stock d’uranium enrichi à 5% en Russie, puis en France, pour enrichissement à 20% et transformation en combustible (destiné à un réacteur de recherche). Au mois de novembre, la partie iranienne  a officiellement refusé ce plan.</span></span></p>
<p style="text-align:left;">
	<span style="font-size:10px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">(6) Le pas de tir est utilisé par Starsem, une filiale d’Arianespace qui utilise le lanceur Soyouz pour mettre sur orbite certains satellites et mener diverses missions (le Soyouz est lancé depuis la base de Kourou, en Guyane).</span></span></p>
<p style="text-align:left;">
	 </p>
<div>
	 </div>
<table border="0" cellpadding="1" cellspacing="1" style="width:750px;"><tbody><tr><td style="width:375px;vertical-align:top;">
				<h2 style="text-align:center;">
					<span style="font-size:12px;"><span style="color:rgb(0,0,0);">| Focus 1</span> </span></h2>
				<h2 style="text-align:center;">
					<span style="font-size:12px;">La puissance énergétique et minérale du Kazakhstan</span></h2>
				<p style="text-align:justify;">
					<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Au nord et à l’est de la mer Caspienne, en Asie centrale, le Kazakhstan est un grand pays (2,7 millions de km2) qui détient des réserves considérables, tant sur son territoire (on-shore) que dans ses eaux territoriales (off-shore). Selon les chiffres de 2011, ces réserves seraient de 30 milliards de barils, soit un peu moins de 2% du total mondial, ce qui est près de deux fois inférieur aux évaluations d’il y a quelques années encore (le Kazakhstan était présenté comme le deuxième potentiel pétrolier inexploité du monde, après l’Irak). En dix ans, la production annuelle est passée de 869 000 barils/jour (2001) à 1 841 000 barils/jour (2011), ce qui représente une importante progression mais reste en-deçà des objectifs initialement affichés (2,3 millions de barils/jours en 2010 ; 3,5 millions de barils/jour en 2015). Les ressources pétrolières kazakhes sont situées surtout au nord, où se trouvent les grands gisements de Tenguiz, Kashagan et Kurmangazy, mais aussi à l’ouest et au centre du pays. </span></span></p>
				<p style="text-align:justify;">
					<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Depuis son indépendance, en 1991, le pays est l’objet de toutes les attentions des grandes compagnies internationales. C’est la compagnie américaine Chevron qui exploite l’immense site de Tenguiz depuis 1993 et divers joint-ventures ont été signés avec la Russie, les États-Unis, le Japon ainsi que la Chine. Si quelque 80 % de la production sont toujours exportés à travers le réseau circumcaspien de tubes et donc le territoire russe, un oléoduc reliant le Kazakhstan à la Chine a été construit. Il passe à travers les Portes de Dzoungarie qui se révèlent être une zone géostratégique d’importance pour les approvisionnements chinois (les Portes de Dzoungarie sont traversées par un gazoduc reliant le Turkménistan au Sin-Kiang/Xinjiang). Notons que le Kazakhstan est aussi un producteur de gaz non-négligeable (réserves prouvées: 1,9 trillion de m3 ; production année 2011 : 19,3 billions de m3). Par ailleurs, le Kazakhstan est un grand producteur de charbon et, plus encore, d’uranium (1er rang mondial). </span></span></p>
				<p style="text-align:justify;">
					<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Le pays est bien doté en minerais divers notamment en fer (8e rang mondial pour les réserves) et en manganèse (2e rang mondial). Il est aussi exportateur de potassium. Enfin, le Kazakhstan dispose de bonnes terres (tchernoziom) et appartient à ce que l’on nomme parfois le « East Corn Belt», avec dans les prolongements des terroirs ukrainiens et russes. A l’instar de la Russie et de l’Ukraine, il est redevenu exportateur de blés sur le marché mondial, les volumes transitant par le port céréalier d’Odessa (Ukraine), sur la mer Noire. Le blé du « East Corn Belt » est plus particulièrement vendu sur les marchés nord-africains et au Moyen-Orient. Du fait d’accidents climatiques ces dernières années, les livraisons de blés du Kazakhstan ainsi que de la Russie et de l’Ukraine, sont variables en volume et irrégulières.</span></span></p>
			</td>
			<td style="width:15px;">
				 </td>
			<td style="vertical-align:top;">
				<h2 style="text-align:center;">
					<span style="font-size:12px;">| Focus 2</span></h2>
				<h2 style="text-align:center;">
					<span style="font-size:12px;">Les Portes de Dzoungarie</span></h2>
				<p style="text-align:justify;">
					<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">La Dzoungarie est un bassin géologique situé entre l’Altaï (les « montagnes d'or ») au nord et les monts Tian-Shan (les « monts célestes ») au sud. Délimité à l’est par le désert du Gobi, ce bassin ouvre à l’ouest sur les steppes kazakhes. Au XVIIe  siècle, la Dzoungarie était le territoire d’un khanat fondé par un groupe de tribus mongoles occidentales,  les Jünga, à l’origine de cette dénomination (Soungarie puis Dzoungarie). Ce khanat est détruit au milieu du XVIIIe  siècle par les armées chinoises de  l'empereur Qianlong (dynastie Qing) qui conquièrent cette partie du Turkestan (le Turkestan chinois). </span></span></p>
				<p style="text-align:justify;">
					<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Depuis placée sous souveraineté chinoise (avec quelques éclipses), la Dzoungarie couvre le nord du Sin-Kiang (Xinjiang) et cette région est voisine du Kazakhstan. Les Portes de Dzoungarie désignent tout particulièrement un couloir de circulation, large d’à peine 10 km dans sa partie la plus étroite, entre l’Altaï et les monts Tian-Shan. C’est là une des principales voies de passage de la géohistoire eurasiatique, à travers les chaînes de montagne qui délimitent au sud la dépression de la Caspienne et les plateaux de Sibérie. </span></span></p>
				<p style="text-align:justify;">
					<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Les Portes de Dzoungarie ont été  anciennement empruntées par certaines des «routes de la soie »  entre la Chine et le Levant. Elles ont aussi vu passer les invasions mongoles des XIIIe  et XIVe  siècles, en route vers l’Occident. Venues d’au-delà de l’Altaï, les hordes mongoles passent ainsi en Sibérie occidentale puis en Russie méridionale et dans l’Est européen. Différents « empires des steppes » (René Grousset) ont ensuite succédé les uns aux autres. Dans le cadre des rivalités contemporaines pour l’accès aux ressources énergétiques du Bassin de la Caspienne et de l’Asie centrale, les Portes de Dzoungarie retrouvent de leur importance géostratégique.</span></span></p>
				<p style="text-align:justify;">
					<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Cette dépression entre l’Altaï (point culminant : 4506 mètres) et les monts Tian-Shan (point culminant : 7439 mètres) est désormais la voie de passage d’oléoducs acheminant du pétrole kazakh vers le Sin-Kiang et, bien plus loin, les zones de consommation du littoral chinois (40% de la population se trouve dans les régions littorales du Pacifique). Depuis 2009, un gazoduc « tiré » à partir de gisements du Turkménistan fait aussi passer du gaz à travers les Portes de Dzoungarie pour alimenter la consommation de Shanghaï, soit un trajet total de 7000 km. Ces flux pétroliers et gaziers orientés d’ouest en est, depuis la Caspienne jusqu’au Sin-Kiang, donnent ainsi forme à une sorte de Grand Turkestan énergétique.</span></span></p>
			</td>
		</tr></tbody></table><p style="text-align:justify;">
	 </p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<table border="0" cellpadding="1" cellspacing="1" style="width:750px;"><tbody><tr><td style="background-color:rgb(204,204,204);">
				<p>
					 </p>
				<h2 style="text-align:right;">
					<span style="font-size:12px;"><a href="upload/media/mongrenier-3-fev2013.pdf" target="_blank" title="Mongrenier-3-Fev2013">Téléchargez</a> <span style="color:#000000;">cette publication | 5 pages | 170 Ko   </span></span></h2>
				<hr /><p>
					 </p>
				<p>
					 </p>
			</td>
		</tr></tbody></table><h2 style="text-align:justify;">
	 </h2>
]]></description>
			<pubDate>Tue, 26 Feb 2013 11:00:00 +0000</pubDate>
			<comments><![CDATA[http://www.institut-thomas-more.org/fr/actualite/reunion-dalmaty-impasse-sur-le-nucleaire-iranien-et-regard-sur-le-kazakhstan.html]]></comments>
			<guid isPermaLink="true"><![CDATA[http://www.institut-thomas-more.org/fr/actualite/reunion-dalmaty-impasse-sur-le-nucleaire-iranien-et-regard-sur-le-kazakhstan.html]]></guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Hier ne meurt jamais | La Russie saisie par des pulsions de Guerre froide ?]]></title>
			<link><![CDATA[http://www.institut-thomas-more.org/fr/actualite/hier-ne-meurt-jamais-la-russie-saisie-par-des-pulsions-de-guerre-froide-.html]]></link>
			<description><![CDATA[<p>
	<span style="font-size:10px;"><strong><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;"><img alt="" src="upload/media/picture-mongrenier-3-dec2012.jpg" style="width:180px;height:120px;margin:5px 10px;float:left;" title="" />Moscou et Washington se livrent à une bataille diplomatique et législative depuis l'affaire Magnitski, du nom du juriste américain mort en 2009 au cours de sa détention provisoire en Russie | Interview de Jean-Sylvestre MONGRENIER, chercheur associé à l’Institut Thomas More | <a href="http://www.atlantico.fr/decryptage/hier-ne-meurt-jamais-russie-saisie-pulsions-guerre-froide-jean-sylvestre-mongrenier-591715.html" target="_blank">Atlantico.fr</a>, 31 décembre 2012</span></strong></span></p>
<p>
	 </p>
<h2>
	<span style="font-size:11px;">Vladimir Poutine a récemment estimé, suite aux complications de l'affaire "Magnitski", qu'il y avait un empoisonnement des relations entre Moscou et Washington. Au-delà de cette question qui peut paraître mineure qu'est-ce qui peut justifier aujourd'hui ce regain de tensions entre les deux pays ?</span></h2>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">L’affaire Magnitski s’ajoute à l’affaire Youkos et à l’emprisonnement de Khodorkovski, sans même revenir sur le pouvoir personnel de Vladimir Poutine et son mode d’exercice du pouvoir. Elle témoigne de la nature et du mode de fonctionnement du système politique russe. Il s’agit là d’un régime autoritaire patrimonial - fondé sur la relation patron/client, le népotisme et la corruption -, qui porte atteinte aux libertés et aux droits fondamentaux. Sauf à céder au relativisme et partant au nihilisme, ce n’est donc en rien une question mineure.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">En effet, la nature des régimes politiques n’est pas neutre sur le plan des relations internationales et cette asymétrie entre un régime autoritaire patrimonial d’une part, des régimes constitutionnels-pluralistes et démocratiques d’autre part, interdit l’instauration d’une relation étroite et durable fondée sur des convergences de fond en termes de valeurs et de vision du monde. Une prétendue Realpolitik faisant l’impasse sur cette asymétrie serait tout sauf réaliste. Peut-être l’invocation de la Realpolitik dans les relations avec la Russie masque-t-elle parfois une certaine préférence pour ce type de régime. Une sorte de "syndrome Olrik" ?</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<h2>
	<span style="font-size:11px;">Peut-on pour autant parler d'une aggravation sur le long terme des relations entre les deux pays ?</span></h2>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">La vision de la Russie comme "nouvel Occident" et d’un grand partenariat russo-américain, vision un temps portée par les attentats du 11 septembre 2001 et la coopération des deux pays dans la lutte contre le terrorisme, se heurte à la force des choses. Dès la fin du premier mandat de Poutine (2000-2004), les relations russo-américaines se dégradent avec en arrière-plan l’élargissement des instances euro-atlantiques (UE et OTAN) à des pays autrefois membres du Pacte de Varsovie, voire de l’URSS (les trois Etats baltes). Moscou juge en effet que ces pays auraient dû renoncer au libre exercice de leur souveraineté pour demeurer dans une "zone grise" instable, entre la Russie et l’Europe occidentale. Les "révolutions de couleur" en Ukraine et en Géorgie, c’est-à-dire l’ébranlement de systèmes de pouvoir similaires à celui de la Russie, et la volonté de ces pays de se tourner vers l’Occident vont alors dans le même sens. S’y ajoute le déploiement prévu d’une défense antimissile dans l’OTAN pour contrer la menace balistique iranienne. Il faut ici rappeler que la Russie a son propre système antimissile, certes fruste mais bien réel, qu’elle entend moderniser.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Au cours du second mandat de Poutine (2004-2008), cette dégradation s’est confirmée et l’on a pu parler de "paix froide". Le "redémarrage" (reset) amorcé avec la mise en place de l’Administration Obama, à partir de 2009, a permis de dégager des plages de coopération sur un plan pratique (logistique de l’OTAN en Afghanistan, traité de réduction des armes nucléaires stratégiques, nouvelle résolution sur le nucléaire iranien). Pourtant, le volontarisme à l’égard de la présidence Medvedev s’est révélé vain – il n’a pu/voulu s’autonomiser – et il semble difficile d’aller plus loin, le "reset" tournant à vide. Sur la moyenne durée, il y a donc bien détérioration des relations entre la Russie et l’Occident. Considérons simplement les différences d’approche dans l’Est européen, au Caucase et au Grand Moyen-Orient.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<h2>
	<span style="font-size:11px;">L'Europe doit-elle s'inquiéter de cet activisme diplomatique ou peut-elle tirer avantage de cette nouvelle donne ?</span></h2>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">L’UE n’est pas un réel acteur global des relations internationales et elle n’est pas située  "quelque part" entre la Russie et les Etats-Unis. De surcroît, la plupart des Etats membres de l’UE sont les alliés en bonne et due forme des Etats-Unis et participent de l’OTAN. Il existe bien un partenariat UE-Russie axé sur l’énergie et l’économie mais il n’a guère de substance et l’"accord de partenariat et de coopération" entré en vigueur en 1997 n’a pu être renégocié dix ans plus tard, comme cela était prévu. Les efforts faits par l’UE et ses Etats-membres pour diversifier leurs approvisionnements en hydrocarbures, limiter la position dominante de Gazprom sur les marchés gaziers européens (le troisième "paquet énergie" impose la dissociation entre les activités de production et de distribution) et faire respecter la concurrence contrarient la "grande stratégie" russe vis-à-vis de l’Europe. Autant de pommes de discorde. Faudrait-il donc accroître plus encore la dépendance européenne à la Russie en signe de bonne volonté ?</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">La Russie n’a certainement pas intérêt à voir se constituer une UE plus substantielle et privilégie donc les relations bilatérales avec certains des Etats-membres : l’"Europe européenne" que l’on invoque à Moscou serait basée sur la liquidation de l’étroit système de coopération géopolitique développé au fil des décennies dans l’aire euro-atlantique. Jeux d’alliances et de contre-alliances entre les différents Etats européens comme à la Belle Epoque ! Ainsi la Russie pourrait-elle s’appuyer sur sa masse critique propre pour rehausser son poids et son rôle en Europe. Notons qu’en Allemagne, celle-là étant le principal partenaire énergétique et commercial de Moscou, d’aucuns s’inquiètent à haute voix des involutions politiques russes. Cette dérive est vue comme grosse de risques et de menaces à moyen terme.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<h2>
	<span style="font-size:11px;">De manière plus générale, la Russie réussie-t-elle aujourd'hui à trouver sa place dans le "monde multipolaire" cher à M. Poutine ?</span></h2>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">L’expression de "monde multipolaire" est sujette à caution et désigne moins l’état objectif des rapports de puissance entre les grands acteurs des relations internationales qu’une vague idée de partage des responsabilités internationales et du pouvoir de décision entre les puissances occidentales d’une part, les puissances émergentes d’autre part. A l’épreuve des faits, il s’avère que les puissances émergentes campent sur une vision étroite de leurs intérêts nationaux-étatiques et ne veulent pas assumer leur part du fardeau. Le discours de la multipolarité qu’elles tiennent est surtout une "polémique" à l’encontre des anciennes puissances coloniales et impériales. Quant à Poutine, il a usé de ce discours pour se poser en puissance tierce sur la scène internationale et rééquilibrer ces relations avec l’Occident en se tournant vers l’Asie et le "monde des émergents". Cela est censé conférer une touche moderne à une forme de pouvoir opaque ainsi qu'au vieux culte de la "derjava" ("puissance" en russe NDLR), qui n'est jamais qu'une idolâtrie de la force.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">En fait, la Russie ne peut être définie comme une puissance émergente : son économie est directement indexée sur les cours des hydrocarbures. L’idée directrice de Poutine est de reconstituer une forme d’union post-soviétique dans les limites de ce que les dirigeants russes nomment l’"étranger proche". Cette "Russie-Eurasie" prétend maintenir ou retrouver des positions datant de la période soviétique. On le voit en Syrie, avec le long soutien apporté au régime de Bachar al-Assad, envers et contre la raison politique. Prétendre maintenir un statu quo qui n’existe plus est une impasse et la timide avancée de Moscou au Proche et Moyen-Orient réalisée dans les années 2000 – la Russie courtisait activement l’Arabie saoudite et elle a obtenu un siège d’observateur à l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI) –, est fortement compromise. Sur un plan plus général, Poutine et les dirigeants russes restent centrés sur le "paramètre américain". Dans le cadre de conflits entre l’Occident et certains pays du "Sud", ils sont toujours tentés de se placer sur le fléau de la balance. Tout cela est contre-performant.</span></span></p>
<div>
	 </div>
<div>
	 </div>
<div>
	 </div>
<table border="0" cellpadding="1" cellspacing="1" style="width:750px;"><tbody><tr><td style="background-color:rgb(204,204,204);">
				<p>
					 </p>
				<h2 style="text-align:right;">
					<span style="font-size:12px;"><span style="color:rgb(0,0,0);"> Lire l'interview sur le site <a href="http://www.atlantico.fr/decryptage/hier-ne-meurt-jamais-russie-saisie-pulsions-guerre-froide-jean-sylvestre-mongrenier-591715.html" target="_blank">Atlantico.fr    </a></span></span></h2>
				<p>
					 </p>
			</td>
			<td style="background-color:rgb(204,204,204);text-align:center;width:170px;">
				<img alt="" src="upload/media/atlantico.png" style="width:120px;height:40px;" title="" /></td>
		</tr></tbody></table><p>
	 </p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
]]></description>
			<pubDate>Mon, 31 Dec 2012 13:00:00 +0000</pubDate>
			<comments><![CDATA[http://www.institut-thomas-more.org/fr/actualite/hier-ne-meurt-jamais-la-russie-saisie-par-des-pulsions-de-guerre-froide-.html]]></comments>
			<guid isPermaLink="true"><![CDATA[http://www.institut-thomas-more.org/fr/actualite/hier-ne-meurt-jamais-la-russie-saisie-par-des-pulsions-de-guerre-froide-.html]]></guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[Entrée de la Russie à l’OMC | L’empire de Poutine peut-il devenir un partenaire commercial comme un autre ?]]></title>
			<link><![CDATA[http://www.institut-thomas-more.org/fr/actualite/entree-de-la-russie-a-lomc-lempire-de-poutine-peut-il-devenir-un-partenaire-commercial-comme-un-autre-.html]]></link>
			<description><![CDATA[<p>
	<strong><span style="font-size:10px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;"><span style="text-align:justify;"><img alt="" src="upload/media/picture-mongrenier-aout2012.jpg" style="width:180px;height:120px;margin:5px 10px;float:left;" title="" />La Russie est devenue ce mercredi le 156ème pays membre de l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce). Ce pays qui représente moins de 3% du commerce mondial va pouvoir moderniser son économie. Pour autant, que vont gagner les membres de l'OMC de cette entrée historique ? | </span>Interview de Jean-Sylvestre MONGRENIER, chercheur associé à l’Institut Thomas More | Publié sur <a href="http://www.atlantico.fr/decryptage/entree-russie-omc-empire-poutine-peut-devenir-partenaire-commercial-comme-autre-jean-sylvestre-mongrenier-457188.html" target="_blank">Atlantico.fr</a>, mercredi 22 août 2012</span></span></strong></p>
<p>
	 </p>
<h2>
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-size:11px;"><span style="text-align:justify;">1 ) La Russie est devenue ce mercredi le 156ème membre de l'OMC. Comment expliquer ce revirement de la part du pays et son entrée si tardive dans cette organisation ? </span></span></span></h2>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;text-align:justify;">Moscou a un temps affirmé vouloir faire passer son projet d’union douanière avec la Biélorussie et le Kazakshtan avant sa candidature à l’OMC, prétendant même privilégier une négociation collective pour que ces pays puissent entrer en bloc, mais il s’agissait de rhétorique. La négociation entre la Russie et l’OMC s’est ouverte en 1993 et elle aura duré plus de 18 ans. Il ne s’agit donc pas d’un revirement mais de l’aboutissement d’une négociation  plus longue que dans le cas de la Chine populaire (15 ans de négociation avant d’intégrer l’OMC, en 2001). Sur un plan général, la négociation aura requis la signature de plusieurs dizaines d’accords bilatéraux entre la Russie et divers pays membres de l’OMC ;  ils concernent le secteur des services (39 accords) et celui des biens (57 accords). Rappelons que les décisions au sein de l’OMC se prennent à l’unanimité ce qui alourdit le processus.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;text-align:justify;">La négociation aura été compliquée par les conséquences de la guerre russo-géorgienne, en août 2008, et la reconnaissance unilatérale par la Russie de l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, ces régions géorgiennes qui ont fait acte de séparatisme Au vrai, il s’agit d’une sorte d’annexion de la part de la Russie qui a déployé des effectifs militaires importants sur les lignes de cessez-le-feu issues des accords Medvedev-Sarkozy (12 août-8 septembre 2008). Membre de l’OMC depuis 2000, la Géorgie a un temps fait obstacle à la candidature russe, demandant à ce que les flux commerciaux à destination et au départ de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud soient contrôlés par ses services douaniers. La Suisse a joué les médiateurs entre les deux pays : une société privée indépendante supervisera les entrées et sorties aux frontières des deux entités séparatistes et servira d’intermédiaire entre les autorités russes et géorgiennes. Le compromis est passé en novembre 2011 et l’adhésion russe est officialisée lors de la conférence ministérielle du 15 décembre suivant. </span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<h2>
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-size:11px;"><span style="text-align:justify;">2) La Russie est la 6ème économie mondiale,  quels bénéfices peut-elle en tirer ? </span></span></span></h2>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;text-align:justify;">De fait, la Russie était la dernière des grandes économies dites  « émergentes » à ne pas appartenir à l’OMC alors que d’ex-républiques soviétiques comme la Géorgie (2000), la Moldavie (2000) et l’Ukraine (2008) appartiennent depuis plusieurs années à cette organisation internationale. La chose passait d’autant plus mal que le pouvoir russe persiste à considérer les pays issus de l’ex-URSS comme des tributaires voués à incorporer, tôt ou tard une sorte d’union post-soviétique centrée sur la Russie (voir le projet d’ « Union eurasienne » porté par Vladimir Poutine). </span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;text-align:justify;">L’entrée dans l’OMC pourrait, en théorie du moins, faciliter la modernisation de l’économie russe dont il reste à prouver qu’il s’agit effectivement d’une économie émergente. L’économie russe repose sur la rente pétro-gazière et elle présente les aspects de ce que l’on appelle le « Dutch disease » (le « malaise hollandais ») : absence de diversification productive, népotisme et clientélisme, effets de seuil sur le plan technologique, etc. Normalement, l’adhésion à l’OMC signifie plus de sécurité juridique pour les investissements étrangers (essentiels pour la modernisation du secteur énergétique notamment) et l’élaboration d’un contexte plus favorable aux affaires en général et donc à l’économie. </span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;text-align:justify;">Cela dit, il y a contradiction entre d’une part la logique renforcée de globalisation e que l’entrée dans l’OMC induit , d’autre part la pente naturelle du régime autoritaire patrimonial dont les traits caractéristiques s’affirment au fil du temps. Le « Politique » n’est pas aussi aisément soluble dans la mondialisation qu’on pouvait le penser dans les années 1990. Le cas de la Chine populaire en témoigne par ailleurs : cet exemple de « léninisme de marché », ou encore de « capitalisme monopolistique d’Etat », constitue un modèle pour une large partie de la classe dirigeante russe. </span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<h2>
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-size:11px;"><span style="text-align:justify;">3) A l'inverse qu'est ce que la Russie peut apporter à l'OMC ?</span><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;text-align:justify;"> </span></span></span></h2>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;text-align:justify;">La Russie représente moins de 3% du commerce mondial, ce qui est peu. Sur un plan strictement quantitatif, il n’y a pas de grand bouleversement à attendre de son entrée dans l’OMC et la portée de l’événement est certainement moindre que l’entrée de la Chine, en 2001. Pourtant, les droits de douane devraient baisser ce qui faciliterait l’accès des produits étrangers au marché russe (en croissance) mais il faut savoir que 70% des produits courants sont déjà importés. Par ailleurs, il y a d’autres entraves à la libre entreprise sur le territoire russe et le phénomène est inhérent à la « formule de pouvoir » en vigueur. Enfin, il pourrait y avoir des chocs en retour, une fois l’adhésion devenue effective.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;text-align:justify;">Le fait de pouvoir porter les conflits commerciaux devant l’Organisme de règlement des différends (ORD) de l’OMC, plutôt que déboucher sur une épreuve de force, constituerait un réel progrès dans les relations économiques entre la Russie, ses voisins immédiats et les pays occidentaux. On songe ici aux « guerres du gaz », embargos et boycotts auxquels la Russie a régulièrement recours, les exportations énergétiques étant utilisées comme un levier de pouvoir à des fins politiques. Cependant, l’OMC est tenue à l’écart du commerce des matières premières et produits de base : elle ne devrait donc pas jouer le rôle d’instance de régulation. Plus généralement, le mutilatéralisme intégral de l’OMC est en crise et le cycle de Doha, ouvert en 2001, n’a toujours pas abouti. On assiste au retour d’un certain bilatéralisme dans le domaine du commerce mondial.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<h2>
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-size:11px;"><span style="text-align:justify;">4) Les tensions entre les États-Unis et la Russie se sont ravivées notamment autour de la question syrienne. Peut-on vraiment assister à une normalisation des échanges entre les deux pays comme le suppose l'OMC ?</span></span></span></h2>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;text-align:justify;">Ce sont des tensions plus générales entre la Russie et les Occidentaux, pour des raisons de fond. Elle ne tiennent pas à de prétendues lois géopolitiques du type Heartland/Rimland mais à des oppositions en termes de régimes politiques, de vue-du-monde et de représentations géopolitiques. La politique de « reset », c’est à dire de redémarrage, qui est amorcée début 2009 par l’Administration Obama visait des objectifs limités et circonscrits, l’idée générale étant de limiter le pouvoir de nuisance de la Russie dans un certain nombre d’affaires (voir le nucléaire iranien par exemple) et de dégager des plates-formes de coopération concrète sur d’autres plans (Afghanistan, terrorisme, prolifération et antimissiles) Au final, les choses n’ont guère bougé et l’on peut éprouver un sentiment de fatalité historique.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<div>
	 </div>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<table border="0" cellpadding="1" cellspacing="1" style="width:750px;"><tbody><tr><td style="text-align:right;vertical-align:middle;background-color:rgb(204,204,204);">
				<h2>
					<span style="font-size:11px;"><strong><span style="text-align:justify;"><span style="color:#000000;">Publiée sur</span> <a href="http://www.atlantico.fr/decryptage/entree-russie-omc-empire-poutine-peut-devenir-partenaire-commercial-comme-autre-jean-sylvestre-mongrenier-457188.html" target="_blank">Atlantico.fr</a></span><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;"><span style="text-align:justify;"><a href="http://www.atlantico.fr/decryptage/sommet-europeen-francois-hollande-president-federaliste-impasse-regle-or-paul-goldschmidt-371373.html" target="_blank">  </a></span></span></strong></span></h2>
			</td>
			<td style="text-align:right;vertical-align:middle;width:120px;background-color:rgb(204,204,204);">
				<img alt="" src="upload/media/atlantico.png" style="margin:10px;width:140px;height:50px;" title="" /></td>
		</tr></tbody></table><p style="text-align:justify;">
	 </p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
]]></description>
			<pubDate>Wed, 22 Aug 2012 16:00:00 +0000</pubDate>
			<comments><![CDATA[http://www.institut-thomas-more.org/fr/actualite/entree-de-la-russie-a-lomc-lempire-de-poutine-peut-il-devenir-un-partenaire-commercial-comme-un-autre-.html]]></comments>
			<guid isPermaLink="true"><![CDATA[http://www.institut-thomas-more.org/fr/actualite/entree-de-la-russie-a-lomc-lempire-de-poutine-peut-il-devenir-un-partenaire-commercial-comme-un-autre-.html]]></guid>
		</item>
		<item>
			<title><![CDATA[La Russie et l’Organisation de Coopération de Shanghaï | Les dynamiques asiatiques comme alternative à l’Occident ?]]></title>
			<link><![CDATA[http://www.institut-thomas-more.org/fr/actualite/la-russie-et-lorganisation-de-cooperation-de-shanghai-les-dynamiques-asiatiques-comme-alternative-a-loccident-.html]]></link>
			<description><![CDATA[<p style="text-align:left;">
	<strong><span style="font-size:10px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;"><img alt="" src="upload/media/picture-mongrenier-2-juin2012.jpg" style="margin:5px 10px;float:left;width:180px;height:120px;" title="" />Réuni à Pékin, les 6-7 juin 2012, le sommet de l’OCS (Organisation de Coopération de Shanghaï) a permis aux dirigeants de la Russie et de la Chine d’afficher leurs convergences. Ce n’est pas seulement une mise en scène. Vladimir Poutine a d’autres priorités qu’un véritable partenariat d’ensemble avec les Occidentaux. Il entend donner forme à une sorte de Russie-Eurasie et se tourner vers le « monde des émergents » | Par Jean-Sylvestre MONGRENIER, chercheur associé à l'Institut Thomas More</span></span></strong></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Si Vladimir Poutine a pu décliner l’invitation au G8 de Washington ainsi qu’au sommet euro-atlantique de Chicago, les 18 et 19 mai derniers, un tel comportement vis-à-vis de la Chine et des Etats de l’OCS (Organisation de Coopération de Shanghaï), était inconcevable. De fait, le sommet de Pékin aura soigneusement mis en scène la relation spéciale entre les présidents russe et chinois. Il ne s’agit pas d’un leurre destiné à rehausser la position russe dans la négociation d’un « grand marché » avec l’Occident. Poutine entend être le refondateur de la Russie définie comme une puissance eurasiatique et rassemblant autour d’elle l’ex-URSS (voir le projet d’Union eurasienne). Plus largement, le partenariat sino-russe et la promotion de l’OCS comme forum de coopération et de sécurité visent à marginaliser les puissances occidentales en Haute-Asie, d’où l’importance qu’il faut accorder aux logiques qui sous-tendent l’événement.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<table border="0" cellpadding="1" cellspacing="1" style="width:750px;"><tbody><tr><td style="background-color:rgb(204,204,204);">
				<p>
					 </p>
				<h2 style="text-align:right;">
					<span style="font-size:11px;"><a href="upload/media/mongrenier-2-juin2012.pdf" target="_blank" title="Mongrenier-2-Juin2012">Téléchargez</a> <span style="color:#000000;">cette publication | 7 pages | 275 Ko</span></span><span style="color:#000000;">  </span></h2>
				<hr /><p>
					 </p>
			</td>
		</tr></tbody></table><p style="text-align:justify;">
	 </p>
<p>
	 </p>
]]></description>
			<pubDate>Mon, 11 Jun 2012 09:00:00 +0000</pubDate>
			<comments><![CDATA[http://www.institut-thomas-more.org/fr/actualite/la-russie-et-lorganisation-de-cooperation-de-shanghai-les-dynamiques-asiatiques-comme-alternative-a-loccident-.html]]></comments>
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			<title><![CDATA[L’alliance Moscou-Damas et l’Occident]]></title>
			<link><![CDATA[http://www.institut-thomas-more.org/fr/actualite/lalliance-moscou-damas-et-loccident.html]]></link>
			<description><![CDATA[<p>
	<strong><span style="font-size:10px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;"><img alt="" src="upload/media/picture-mongrenier-juin2012.jpg" style="margin:5px 10px;float:left;width:180px;height:120px;" title="" /></span></span></strong></p>
<p>
	<strong style="text-align:left;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;"><span style="font-size:10px;">Ce vendredi, quelques jours après le massacre de Houla, François Hollande reçoit Vladimir Poutine à Paris. Certains y verront l’opportunité de rapprocher les positions sur la situation en Syrie mais la perspective d’un grand marché russo-occidental demeure très improbable |</span><span style="font-size:10px;"> </span></span></strong><strong><span style="font-size:10px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Par Jean-Sylvestre MONGRENIER, chercheur associé à l'Institut Thomas More | Publié sur <a href="http://www.atlantico.fr/decryptage/syrie-dessous-incomprehenssion-russie-occident-jean-sylvestre-mongrenier-376994.html" target="_blank">Atlantico.fr</a></span></span></strong></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">La Syrie bascule dans la guerre civile, le pouvoir de Bachar Al-Assad réprime dans le sang mais c’est avec constance que Vladimir Poutine maintient son appui et exclut une action de force. Ce faisant, il révéle l’importance de l’alliance russe avec l’appareil baathiste et son chef. </span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Les causes de cette alliance héritée de l’ex-URSS sont connues : effets de rémanences, contrats énergétiques et militaro-industriels, ouverture de la base navale de Tartous aux bâtiments russes. Au vrai, la Syrie demeure le seul point d’appui de la Russie en Méditerranée et au Proche-Orient. Toutefois, il serait fallacieux de réduire cette politique à la défense de positions acquises, voire à des réflexes « tchékistes ». Quant à l’argument de l’islamisme, il traduit surtout les craintes du Kremlin pour la stabilité du Nord-Caucase, cet « étranger intérieur » à la Russie.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Derrière le clan Assad, il y a l’Iran avec qui la Russie entretient d’étroits rapports. De fait, il existe entre Moscou et Téhéran une alliance s’exprimant à travers des coopérations énergétiques multiples, nucléaire civil compris, et d’abondantes livraisons d’armes à l’Iran. Enfin, l’attitude de Moscou est plus qu’ambivalente vis-à-vis des ambitions balistico-nucléaires du régime. Aussi, la bataille diplomatique autour de la Syrie, entre la Russie et l’Occident, ne peut être appréhendée sans son arrière-plan  iranien.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">La volonté opiniâtre dont Moscou fait montre et le souci de conserver des prises au Proche et Moyen-Orient ne signifient pourtant pas le retour en force de la Russie ou une quelconque résurgence de la « stratégie des mers chaudes ». Si l’on prend comme point de référence les années 2000, les événements  en cours bousculent la diplomatie russe et les percées antérieures se révèlent être des mouvements tactiques de faible portée.</span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">A rebours de la thèse de la « sainte Russie », rempart contre l’islamisme et conservatoire de l’Orthodoxie, Poutine avait alors fait prévaloir certains thèmes eurasistes pour mieux avancer ses pions. Arguant du passé tatar et de l’ancienne présence de l’Islam sur des terres autrefois assujetties par la Horde d’Or, la Russie était présentée comme un grand pays musulman. Ainsi s’était-il assuré le soutien de l’Iran et de l’Arabie Saoudite pour obtenir le statut d’observateur au sein de l’OCI (Organisation de la Conférence islamique). </span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">En parallèle, Poutine cherchait à mettre sur pied avec le Qatar et l’Iran une « OPEP du gaz », d’autre pays producteurs étant approchés. Les dirigeants russes participaient aussi à la ruée vers le marché libyen et ils entendaient développer leurs exportations d’armes jusque dans le golfe Arabo-Persique où ils courtisaient Riyad et quelques autres. La manœuvre consistait à jouer sur la détérioration des relations américano-saoudiennes, suite aux attentats du 11 septembre 2001, et à instrumentaliser les inquiétudes suscitées par les difficultés de la guerre en Irak. Les monarchies du Golfe étaient alors en quête de réassurances stratégiques. </span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Depuis, les révoltes et séditions d’une partie du monde arabe - avec en toile de fond les rivalités entre Sunnites et Chiites -, ont mis en effervescence le Grand Moyen-Orient. Face à l’Iran, l’Occident et les monarchies du Golfe resserrent leurs liens. Plus largement, une grande alliance sunnite s’esquisse et la diplomatie russe est conduite à se replier sur les régimes iranien et syrien, ce qui met à mal ses positions dans l’ensemble de la région. </span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	<span style="font-size:12px;"><span style="font-family:tahoma, geneva, sans-serif;">Au total, les projets russes dans la région se sont révélés être des mirages et la marge de manœuvre du Kremlin est rétrécie. Pourtant, le scénario d’un grand marché diplomatique avec les puissances occidentales  demeure improbable. La « Russie-Eurasie » se veut une puissance tierce, tournée vers le monde des « émergents », et ses  dirigeants misent sur le déclin de l’Occident. </span></span></p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<p style="text-align:justify;">
	 </p>
<table border="0" cellpadding="1" cellspacing="1" style="width:750px;"><tbody><tr><td style="background-color:rgb(204,204,204);">
				<h2 style="text-align:right;">
					<span style="font-size:11px;"><span style="color:#000000;">Retrouvez cet article sur le site d'</span><a href="http://www.atlantico.fr/decryptage/syrie-dessous-incomprehenssion-russie-occident-jean-sylvestre-mongrenier-376994.html" target="_blank">Atlantico.fr</a>  </span></h2>
			</td>
			<td style="text-align:center;width:130px;background-color:rgb(204,204,204);">
				<img alt="" src="upload/media/atlantico.png" style="margin-left:10px;margin-right:10px;margin-top:10px;margin-bottom:10px;width:150px;height:50px;" title="" /></td>
		</tr><tr><td colspan="2" style="background-color:rgb(204,204,204);">
				<hr /><p>
					 </p>
			</td>
		</tr></tbody></table><p>
	 </p>
]]></description>
			<pubDate>Fri, 01 Jun 2012 14:00:00 +0000</pubDate>
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