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Public finances : what are « equitable measures »?

By Gérard DUSSILLOL, chairman of the Working Group Finance of the Thomas More Institute. Article published in "La Tribune" (France) of June 9th, 2010, available in French.

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> Living Europe - on 27/05/2009

Why aren't the UE Elections appealing, still?

By Jean-Thomas LESUEUR, Chief Executive Officer of the Thomas More Institute. Published in the French newspaper "Le Figaro" (27-05-2009). Available in French only.

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Les médias commencent à l’affirmer timidement, les candidats le proclament quant à eux haut et fort : à quinze jours du scrutin, la campagne des élections européennes serait enfin lancée, l’intérêt des électeurs commencerait à s’aiguiser. Les gauches et le centre rivalisent pour faire de l’occasion un vote sanction contre la politique de Nicolas Sarkozy qui, lui, cherche à capitaliser sur les thèmes qui ont fait son succès : la sécurité, l’immigration, la question de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Dans le contexte anxieux et tendu créé par la crise et la récession, on pourrait s’attendre à ce que les électeurs manifestent un puissant désir de réponses politiques. Les sondages suggèrent pourtant le contraire : plus de la moitié du corps électoral semble se préparer à l’abstention. Las, l’Europe ne mobilise pas.

Il faudrait dire qu’elle ne mobilise toujours pas… Car c’est depuis 1979, date de la première élection des députés européens au suffrage universel direct, que l’abstention croît. A quoi s’ajoute le triple « non » des référendums irlandais, néerlandais et français prononcés entre 2005 et 2008. L’Union européenne a manifestement un problème avec les peuples européens. Création historiquement technocratique, elle court depuis trente ans après un horizon politique et démocratique qui jusqu’ici se dérobe. Toute nouvelle consultation se paie d’un surplus d’indifférence ou de défiance. Le « saut qualitatif » politique européen n’a toujours pas eu lieu et les succès, réels, de la présidence française de l’Union européenne du deuxième semestre 2008 ne doivent pas faire illusion sur ce point capital.

Le volontarisme affiché de Nicolas Sarkozy, son ambition de « faire enfin de la politique » en Europe, son utile action de pompier au plus chaud des crises géorgienne et financière, même les résultats obtenus sur plusieurs dossiers ont-ils laissés une empreinte réellement pérenne à Bruxelles ? L’Union européenne, qui n’en finit pas d’être vécue comme une « machine » lointaine par une majorité de la population, a-t-elle comblé un peu de son déficit démocratique à l’issue de ces six mois ? La dynamique qui semblait enclenchée s’est-elle prolongée ? Le jugement sans appel des populations européennes qui considèrent que l’Europe ne constitue pas un bouclier crédible contre la crise et la présidence fantomatique de la République tchèque, qui a succédé à la française, apportent un démenti, franc hélas, à ces questions.

L’Europe n’est pas beaucoup plus incarnée, pas beaucoup plus légitime en tant qu’acteur politique de plein exercice aux yeux des peuples européens au lendemain qu’à la veille de la présidence française de l’Union européenne. Toujours présentée comme un « projet » par ses promoteurs, elle manque d’être un fait établi dans la vie des Européens. Elle manque d’une identité et d’un cap et se refuse à choisir entre les deux grands (et seuls) modèles politiques envisageables pour elle : le modèle communautaire ou le modèle intergouvernemental. Son histoire récente est celle de la tension entre ces choix et de ses atermoiements – jusqu’à la caricature sur la question de l’adhésion de la Turquie. Tension bien mise en valeur par les six mois de présidence française : la pratique européenne de Nicolas Sarkozy, jouant à fond la carte des Etats et de l’intergouvernemental, fut clairement en contradiction avec l’esprit d’intégration communautaire qui est celle qui, bon an mal an, guide la construction européenne depuis trente ans, modèle les esprits à Bruxelles et inspire très largement le traité de Lisbonne.

Comment sortir de cette tension et asseoir enfin l’Europe sur des bases fermes et claires aux yeux des citoyens européens ? Le temps d’une présidence (de six mois) ne saurait y suffire. Une élection au Parlement européen pourrait-elle en être l’occasion ? Les doutes sont permis… et l’indifférence des Français à ce scrutin par là explicable : la véritable échéance ne sera-t-elle pas, plutôt que le 7 juin, le deuxième référendum irlandais, prévu à l’automne, qui scellera le sort du traité de Lisbonne et, qui sait, celui de la construction européenne ?

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